Par un beau matin d’été (Jacques Deray, 1965)

Une petite frappe de la côte d’Azur qui vivote en montant des arnaques avec sa soeur voit un ancien co-détenu lui proposer le kidnapping de la fille d’un riche Américain pendant ses vacances en Andalousie.

Un relatif manque de concision dans le dessein d’ensemble et quelques lignes de dialogues argotiques qui sonnent faux n’empêchent pas cette adaptation de James Hardley Chase d’être brillamment menée. L’utilisation du Cinémascope est aussi élégante que chez Otto Preminger ou Anthony Mann et la distribution est impeccable avec à sa tête un Jean-Paul Belmondo stupéfiant de vitalité, mélange surprenant mais cohérent de sympathie et d’antipathie. Sans le diaboliser, le film n’excuse ni ne rachète son personnage qui « a un mauvais fond » comme le lui dit son comparse. Pour transformer le bon film en grand film, sans doute aurait-il fallu un réalisateur qui soit aussi un auteur car alors, certaines axes originaux du script -notamment les relents incestueux entre les deux personnages principaux- auraient peut-être été exploités avec plus de suite dans les idées. Ici, plus que jamais, Jacques Deray mérite sa réputation de « bon artisan ».

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