L’athlète vedette (Hiroshi Shimizu, 1937)

Deux amis dans un régimentde cadets en manoeuvre dans la campagne.

Comme souvent avec Hiroshi Shimizu, le canevas narratif est très, très, ténu. La légèreté virerait à l’inconsistance si les inventions de la mise en scène n’entretenaient l’intérêt. Les personnages sont toujours aussi bien intégrés aux paysages, certains instants sont chargés d’une relative densité en dépit qu’ils sont presque déconnectés de tout récit (signe de modernité s’il en est) grâce au sens que sait imprimer Shimizu à un choix d’emplacement de caméra ou à un mouvement d’appareil. Notamment, le jeu sur les points de vue lors de la marche du début est brillant et générateur d’émotions variées. Bref, même si sa trame est similaire, L’athlète vedette n’est pas aussi abouti que Les masseurs et la femme ou Le peigne mais les qualités de Shimizu -décidément un des plus purs metteurs en scène de cinéma qu’on puisse imaginer- sont d’autant plus éclatantes que son scénario frôle l’absolue vacuité.

Les enfants de la chance/Laissez faire les femmes! (Paul Martin, 1937)

A New-York, un reporter se marie avec une vagabonde pour lui éviter la prison…

Si, en dépit de la relative habileté de son réalisateur, cet ersatz allemand de comédie américaine ne dispense pas le même plaisir que ses modèles, c’est d’abord à cause de ses acteurs. La jolie mais éteinte Lilian Harvey est à mille lieux de l’abattage d’une Jean Arthur ou d’une Katharine Hepburn, Willy Fritsh n’est en rien comparable à un Cary Grant et les seconds rôles ne sont pas plus que « sympathiques ». Par ailleurs, le rythme, si essentiel dans les screwball comedies, pèche par endroits. L’exposition et la séquence du tribunal qui s’ensuit, très molle, semblent durer des plombes. Enfin, tandis que Leo McCarey et Tay Garnett savaient pousser leurs séquences jusqu’à des paroxysmes délirants à force d’inventions comiques, la fantaisie demeure ici timide et velléitaire. D’où que cette histoire de mariage éclair et d’héritière enlevée, malgré ses rocambolesques rebondissements, laisse une impression de tiédeur.

On a arrêté Sherlock Holmes (Karl Hartl, 1937)

Deux détectives amateurs se font passer pour Sherlock Holmes et démasquent un gang.

Divertissement assez creux mais brillamment emballé et mâtiné d’une savoureuse ironie pirandellienne. Quoique le film se passe en Angleterre, la propagande est absente et hommage est rendu à Sir Arthur Conan Doyle.

 

Arsène Lupin détective (Henri Diamant-Berger, 1937)

Sous couvert de son agence de détectives, Arsène Lupin enquête sur un suicide douteux.

La distribution et l’intrigue auraient pu donner lieu à une virevoltante comédie policière mais la narration filandreuse et la mise en scène sans énergie permettent encore une fois de mesurer l’abîme qualitatif qui sépare le divertissement français moyen du divertissement hollywoodien moyen. Navrant.