Convoi vers la Russie (Action in the North Atlantic, Lloyd Bacon, 1943)

Des marins américains dont le navire a été coulé par un sous-marin allemand se rengagent dans un convoi qui achemine des ressources en Russie.

Grâce à la débauche de moyens employés, le premier naufrage est assez spectaculaire mais ce film de propagande est didactique jusque dans ses moindres détails, exagérément long et donc absolument ennuyeux.

Un ami viendra ce soir (Raymond Bernard, 1946)

Dans les Alpes sous l’Occupation, un chef de la Résistance se cache dans un asile…

Le manichéisme du discours, l’extrême caricature des personnages allemands, certes excusables compte tenu de l’époque du tournage, mais aussi et surtout la poussiéreuse dramaturgie reposant sur un mystère sans intérêt (« qui est le commandant parmi les fous? ») et la vaine hystérie de la mise en scène (acteurs en roue libre, contrastes saugrenus et cadrages de traviole) rendent ce film irregardable aujourd’hui.

Hideko, receveuse d’autobus (Mikio Naruse, 1941)

Pour garder leurs places menacées par la concurrence, une receveuse et un chauffeur de bus ont l’idée de développer un circuit touristique.

De par sa longueur (une heure) et de par son intrigue, Hideko, receveuse d’autobus est un film modeste. Toutefois, derrière le prosaïsme un peu ras-des-pâquerettes, finit par poindre une sorte de tragique social. Rarement dénouement malheureux avait été monté avec tant d’élégance et de cruelle ironie. Hideko Takamine qui entamait alors sa fructueuse collaboration avec Naruse est lumineuse.

La femme perdue (Jean Choux, 1942)

Se croyant abandonnée par le marin qui l’a mise enceinte, une femme épouse un bourgeois bienveillant qui, à la guerre, se liera avec le père de l’enfant adopté.

Et le découpage pléonastique aussi bien que la caricaturale direction d’acteurs renforcent la stupidité du script. La femme perdue est un mélo des plus épouvantables mais c’est aussi une des très rares films de l’Occupation à montrer des soldats de l’an 40.

L’amour chante et danse (Holiday inn, Mark Sandrich, 1942)

Un chanteur que sa fiancée à quitté pour son collègue danseur quitte le show-business et ouvre une auberge dans le Connecticut.

C’est de la façon la plus stupide que la cohabitation des deux stars a été gérée: prétexté par chaque jour férié de l’année (les « holidays » du titre), un numéro de chant succède à un numéro de danse. Cela rend évidemment la narration très programmatique. On se doute bien que le récit est le cadet des soucis des fabricants de L’amour chante et danse mais j’ai connu des comédies musicales qui déroulaient moins laborieusement leur conventionnelle intrigue. Heureusement, Fred Astaire danse, Bing Crosby est suave et la direction artistique de la Paramount tranche plaisamment d’avec l’aridité visuelle de la RKO. Mais quand même, gare au diabète!

The amazing Mrs Holliday (Bruce Manning et Jean Renoir, 1943)

Une jeune fille qui a recueilli 8 orphelins en Chine essaye de les faire adopter par la famille du capitaine qui les a ramenés et dont le navire a coulé.

Niaiserie de propagande où, quoique spécule Pascal Mérigeau, il est très difficile de trouver trace du style de Jean Renoir.