Et la tendresse?…Bordel! (Patrick Schulmann, 1979)

Les évolutions d’un couple « phallocrate », d’un couple « romantique » et d’un couple « tendre » montrées en parallèle.

Entre Fluide glacial et André Breton, ce film étonne et amuse grandement par ses gags nombreux, grossiers et variés (ils sont basés sur les dialogues mais aussi sur les objets ou le montage) même si, pour utiliser une expression dans son ton, son propos ne pisse pas loin. Mention spéciale à l’inénarrable Jean-Luc Bideau en perpétuel obsédé.

Publicités

Les enfants du placard (Benoît Jacquot, 1977)

A Paris, un jeune homme dispute sa soeur à son riche prétendant, associé de leur père qui fait des affaires louches en Afrique.

Que ce film étique et sinistre ait été largement salué en 1977 par les Cahiers du cinéma comme matérialisant leur réconciliation avec la fiction après le tunnel des années « Godard-Straub-Mao » montre combien la revue était partie loin. En revanche, le principal ressort dramatique (la mauvaise conscience d’un fils à papa bon à rien) qui l’anime  – aussi mollement soit-ce – fait bien des Enfants du placard un film 100% bourgeois. A croire qu’en ce qui concerne les critiques maoïsés, l’atavisme de classe fut plus fort que l’atavisme cinéphile.

Cousin cousine (Jean-Charles Tacchella, 1975)

S’étant rencontrés à un mariage où leurs conjoints ont couché ensemble et faisant désormais partis de la même famille, un homme et une femme nouent une amitié de plus en plus amoureuse.

Un film très déplaisant. Oeuvre irresponsable, Cousin cousine n’est rien d’autre qu’une apologie de l’égoïsme pulsionnel. Ce qui est scandaleux n’est pas tant qu’une femme abandonne son enfant pour aller s’enfermer avec un homme marié dans une chambre d’hôtel de passe mais l’absence de point de vue affirmé de Jean-Charles Tacchella sur cet acte. Pas assez précise dans ses observations pour être satirique, dénuée de lyrisme romantique comme de sensualité érotique, la mise en scène se cantonne à l’étalage complaisant d’une médiocrité généralisée. Un exemple: une fois enfermés, les amants sont plus souvent montrés entrain de médire sur leurs conjoints trompés qu’entrain de faire l’amour! Comment alors s’identifier à eux, éprouver une quelconque sympathie à leur encontre?

La mauvaise post-synchronisation, la relative médiocrité des acteurs (sauf Guy Marchand) et la plate rigidité des cadres font apparaître des séquences de groupe se voulant renoiriennes comme très mécaniques. Par-dessus tout, la très envahissante musiquette façon cirque ôte toute vérité dramatique et laisse penser -par exemple dans la séquence où Guy Marchand s’empare d’un pistolet- que l’auteur lui-même se foutait pas mal de ses personnages et de ce qu’il était censé mettre en scène.

Détenu en attente de jugement (Nanni Loy, 1971)

De retour au pays, un ingénieur italien qui travaillait en Suède est arrêté et emprisonné sans raison.

Pour critiquer l’arbitraire d’un système judiciaire, faire un récit arbitraire n’est pas la solution adéquate. La mise en scène grotesque, pleine de zooms, en rajoute dans l’exagération et le film est donc tout à fait insignifiant.

Rapport confidentiel (Report to the commissioner, Milton Katselas, 1975)

A New-York, l’enquête sur la mort d’une jeune policière infiltrée chez un trafiquant de drogue révèle les dessous d’un commissariat.

Les quelques artifices dramatiques de la dernière partie altèrent à peine la saveur réaliste de ce très bon polar où les rues du coeur de Manhattan sont restituées dans tout leur grouillement.  La complexité de l’intrigue évite l’univocité dans le pessimisme (car un polar américain des années 70 est forcément pessimiste).