Charlie et ses deux nénettes (Joël Séria, 1973)

Un camelot embauche deux jeunes filles pour l’aider sur les marchés.

Loin de la truculence gauloise des Galettes de Pont-Aven ou de ce que son titre pouvait laisser augurer, Charlie et ses deux nénettes est un road-movie plein de tendresse. Les relations entre les protagonistes éponymes sont belles car elles déjouent les schémas attendus. Est également déjoué le naturalisme revendicatif induit par le contexte de crise, tout juste suggéré par des dialogues aussi précis qu’allusifs. C’est par la bande que Séria portraiture une France en voie de disparition, celle d’avant les hypermarchés. Malgré une photo et un découpage ne mettant nullement en valeur les paysages dans lesquelles se déploie le récit, c’est donc pas mal du tout.

Le retour d’Afrique (Alain Tanner, 1973)

Un couple de prolétaires suisses prépare son départ en Afrique mais l’ami qui les avait appelés ne donne plus de nouvelles.

Charles mort ou vif et La salamandre étaient illuminés par des acteur(rice)s en état de grâce mais Le retour d’Afrique est une sinistre caricature de film d’auteur vaguement gauchiste qui n’a pas grand-chose d’autre à montrer que le désarroi de ses deux personnages dans un appartement vidé. En noir et blanc, bien sûr. Avec du Bach en fond sonore. Ça accouche finalement d’une morale bateau du genre: « les véritables voyages sont intérieurs ». Bref, un film aussi ardu que stérile.

Soleil vert (Richard Fleischer, 1973)

En 2022, dans un New-York ultra-pollué, un policier enquêtant sur le meurtre d’un notable met à jour une terrible vérité.

Avec les propos terrifiants de justesse du personnage de Edward G.Robinson au début du film, j’ai craint que visionnier ce dernier ne me fasse culpabiliser de mon mode de vie d’occidental et n’entraîne chez moi une prise de conscience me transformant en écolo relou. Heureusement, plus de peur de que de mal: réduisant son récit à une intrigue policière (mal fichue car contenant des concessions mal intégrées à l’image de la star), il s’est avéré tout à fait inoffensif politiquement parlant. Soleil vert fait partie de l’espèce terriblement ennuyeuse des films se réduisant à une idée. Et comme cette idée est plus connue que le film lui-même, regarder le film ne présente à peu près aucun intérêt.

Adieu mon salaud (The friends of Eddie Coyle, Peter Yates, 1973)

A Boston, un truand quinquagénaire impliqué dans un trafic d’armes veut éviter de retourner en prison…

Beau polar crépusculaire où la jolie lumière automnale s’accorde aux traits fatigués du héros magnifiquement interprété par Robert Mitchum. Son réalisme de détail (émouvante justesse de l’ancrage familial) compense le manque de souffle de la mise en scène qui peine à réaliser l’unité d’un récit foisonnant.