Nola Darling n’en fait qu’à sa tête (She’s gotta have it, Spike Lee, 1986)

A Brooklyn, une femme se partage entre trois amants.

Cas typique de « premier film ». Un sujet rebattu est ancré dans une réalité chère à l’auteur et vivifié par des coquetteries de débutant découvrant tout ce qu’il peut faire avec une caméra et une table de montage. La douceur générale rend le tout assez sympathique.

Golden eighties (Chantal Akerman, 1986)

Dans une galerie commerciale, différentes intrigues sentimentales se nouent et se dénouent.

Hideux ersatz du cinéma de Jacques Demy. Sans même parler de ses chansons ridicules, son impuissance à diriger des danseurs, à dynamiser la narration (les dialogues prennent beaucoup trop de place) ou à sublimer son décor font de Chantal Akerman une très mauvaise réalisatrice de comédie musicale.

Cours privé (Pierre Granier-Deferre, 1986)

Le directeur d’un lycée privé parisien reçoit des lettres et photos anonymes mettant en cause une de ses enseignantes, jeune et jolie prof d’histoire.

C’est bien artificiellement que le mystère est ménagé (de la stupide rétention d’information) mais, par son travail sur les décors et la musique, le metteur en scène instaure un climat assez fascinant dans les scènes où la fort jolie Elisabeth Bourgine se retrouve seule dans son appartement. Cours privé n’est pas un très bon film mais révèle une actrice qui aurait pu (dû?) devenir une star.

La machine à découdre (Jean-Pierre Mocky, 1986)

Sur la côte d’Azur, un quêteur pour Médecins du monde qui a pété les plombs assassine un cafetier et prend un chômeur en otage.

Comédie noire dont la narration à la fois directe et surprenante, l’amertume joyeusement féroce du ton et les appas de la vedette féminine, généreusement dévoilés, compensent tant que faire se peut la désinvolture de la mise en scène.

Dangereuse sous tous rapports (Something wild, Jonathan Demme, 1986)

Un cadre rencontre une fille excentrique à la sortie d’un restaurant qui l’entraîne dans de folles aventures.

Produit typique du mauvais cinéma indépendant américain, affichant ses références « underground », surlignant son propos pseudo-anticonformiste à tout bout de champ (la chanson Wild thing assénée), patinant dans sa narration et tentant de masquer le vide de sa dramaturgie avec des effets-chocs tout à fait gratuits (pour un mauvais scénariste, la psychopathie a bon dos).

Nomads (John McTiernan, 1986)

Pendant qu’elle le soigne, une jeune neurologue est frappée par un fou ensanglanté qui meurt aussitôt. Plus tard, la neurologue a des hallucinations correspondant à la vie de cet homme qui était un ethnologue réputé qui venait d’emménager dans une banlieue américaine et avait commencé à enquêter sur des nomades urbains nihilistes et meurtriers.

Une série B encore plus fumeuse que ce résumé ne l’indique. C’est dire. Et laid (musique atroce) et mou qui plus est.