Mosquito coast (Peter Weir, 1986)

Un inventeur qui déteste ce qu’est devenu l’Amérique s’en va avec sa famille habiter dans un village du Honduras.

Récit programmatique et artificiel d’un refus de la décadence occidentale qui vire à l’aliénation, typique des scénarios de Paul Schrader. A partir du moment où les méchants interviennent, ça perd toute crédibilité sans pour autant que les personnages ne dévient de leur trajectoire initialement tracée. Bref: un gros bof.

 

Le syndicat du crime (John Woo, 1986)

A sa sortie de prison, un caïd des triades retrouve son ami devenu éclopé après une fusillade et est confronté à son jeune frère devenu policier.

Classique fondateur d’un genre inepte mais classique fondateur quand même. La sentimentalité mélodramatique alliée à la violence chorégraphique des fusillades impose un ton, qui verse parfois dans la mièvrerie. La musique horrible et répétitive altère les ambitions lyriques et visuellement, c’est laid mais Chow Yun-Fat ne manque pas de charisme. Pas étonnant qu’il soit devenu une star après ce film.

Nola Darling n’en fait qu’à sa tête (She’s gotta have it, Spike Lee, 1986)

A Brooklyn, une femme se partage entre trois amants.

Cas typique de « premier film ». Un sujet rebattu est ancré dans une réalité chère à l’auteur et vivifié par des coquetteries de débutant découvrant tout ce qu’il peut faire avec une caméra et une table de montage. La douceur générale rend le tout assez sympathique.

Golden eighties (Chantal Akerman, 1986)

Dans une galerie commerciale, différentes intrigues sentimentales se nouent et se dénouent.

Hideux ersatz du cinéma de Jacques Demy. Sans même parler de ses chansons ridicules, son impuissance à diriger des danseurs, à dynamiser la narration (les dialogues prennent beaucoup trop de place) ou à sublimer son décor font de Chantal Akerman une très mauvaise réalisatrice de comédie musicale.

Cours privé (Pierre Granier-Deferre, 1986)

Le directeur d’un lycée privé parisien reçoit des lettres et photos anonymes mettant en cause une de ses enseignantes, jeune et jolie prof d’histoire.

C’est bien artificiellement que le mystère est ménagé (de la stupide rétention d’information) mais, par son travail sur les décors et la musique, le metteur en scène instaure un climat assez fascinant dans les scènes où la fort jolie Elisabeth Bourgine se retrouve seule dans son appartement. Cours privé n’est pas un très bon film mais révèle une actrice qui aurait pu (dû?) devenir une star.

La machine à découdre (Jean-Pierre Mocky, 1986)

Sur la côte d’Azur, un quêteur pour Médecins du monde qui a pété les plombs assassine un cafetier et prend un chômeur en otage.

Comédie noire dont la narration à la fois directe et surprenante, l’amertume joyeusement féroce du ton et les appas de la vedette féminine, généreusement dévoilés, compensent tant que faire se peut la désinvolture de la mise en scène.

Dangereuse sous tous rapports (Something wild, Jonathan Demme, 1986)

Un cadre rencontre une fille excentrique à la sortie d’un restaurant qui l’entraîne dans de folles aventures.

Produit typique du mauvais cinéma indépendant américain, affichant ses références « underground », surlignant son propos pseudo-anticonformiste à tout bout de champ (la chanson Wild thing assénée), patinant dans sa narration et tentant de masquer le vide de sa dramaturgie avec des effets-chocs tout à fait gratuits (pour un mauvais scénariste, la psychopathie a bon dos).

Nomads (John McTiernan, 1986)

Pendant qu’elle le soigne, une jeune neurologue est frappée par un fou ensanglanté qui meurt aussitôt. Plus tard, la neurologue a des hallucinations correspondant à la vie de cet homme qui était un ethnologue réputé qui venait d’emménager dans une banlieue américaine et avait commencé à enquêter sur des nomades urbains nihilistes et meurtriers.

Une série B encore plus fumeuse que ce résumé ne l’indique. C’est dire. Et laid (musique atroce) et mou qui plus est.

Beaux temps mais orageux en fin de journée (Gérard Frot-Coutaz, 1986)

A Belleville, un couple de jeunes retraités reçoit leur fils avec sa nouvelle copine.

Cette petite merveille signée par le regretté Gérard Frot-Coutaz est la preuve qu’un cinéaste peut traiter d’angoisses métaphysiques graves sans être aussi plombant qu’Ingmar Bergman. Gorgé de savoureux effets comiques, ce film, qui respecte pour ainsi dire les unités de temps (une journée) et de lieu (l’appartement des deux retraités), est d’abord un joyau d’écriture. Entre l’épluchage des patates et la cocasse cuisson du poulet, les peurs existentielles refoulées sous les oripeaux du vernis social (alors que les invités sont la plus proche famille) ressurgissent très violemment. Cette alternance des tons n’est pas artifice de fabricant de spectacle mais bouleversante restitution de l’essence des personnages. En effet: quoi de plus tragicomique que la vieillesse?

Cela aurait pu se limiter à une mécanique théâtrale parfaitement huilée, c’est un film plein de vie et de mystère. C’est un film plein de vie grâce à la présence des immenses Claude Piéplu et Micheline Presle, grâce au naturel discrètement fantasque de leur jeu. C’est un film plein de vie grâce à la fantaisie contrôlée du style. Ainsi du chant collectif, pari du cinéaste osé mais tenu. C’est un film plein de mystère du fait des notations étranges introduites par le metteur en scène tel ces gestes de tendresse quasi-incestueuse entre le fils et sa mère, des instants où Frot-Coutaz se garde bien d’être bêtement explicatif (la mélancolie de la mère ne saurait être réduite à un unique traumatisme) mais reste toujours juste quant à l’évocation des états d’âme des personnages.  C’est enfin un film plein de mystère parce que l’environnement bellevillois des personnages ne sert pas uniquement à les situer socialement (excellente scène du poulet halal): des plans magnifiques sur le feuillage des arbres du parc soufflés par le vent insèrent dans la chronique de discrètes embardées cosmiques. Il y a ici un fantastique analogue à celui du Rayon vert.

Beau temps mais orageux en fin de journée est donc un film aussi grand qu’oublié. Dans la belle tradition des meilleurs auteurs Diagonale, l’empathie de Gérard Frot-Coutaz pour tous ses personnages en même temps que l’effacement de son ego au profit de son récit lui ont permis de réaliser un des films les justes qui soient sur son sujet. A savoir la folie ordinaire d’une jeune retraitée.

Maine Océan (Jacques Rozier, 1986)

Par un concours de circonstances, deux contrôleurs de la SNCF, une avocate et une mannequin brésilienne se retrouvent en vacances sur l’île d’Yeu.

Je connais les arguments des (nombreux) laudateurs de Jacques Rozier. La faiblesse de l’écriture rendrait le film spontané, libre et naturel. Pourtant, depuis Nanouk l’esquimau, on sait que les films les plus naturels qui soient sont le fruit d’une préparation minutieuse.

Dans Maine-Océan, les carences du scénario font en fait ressortir le caractère artificiel et arbitraire des personnages et situations imposés par l’auteur. Ainsi de Petitgars, marin-pêcheur joué par un Yves Alfonso plus caricatural que jamais. Lorsque Petitgars apprend que des contrôleurs de la SNCF ont voulu mettre une amende à l’auto-stoppeuse brésilienne récupérée par son avocate, autostoppeuse qu’il connaît depuis une demi-journée, il se met en tête de leur casser la figure. Il le fera d’ailleurs quelques jours plus tard. L’outrance de ce comportement n’a qu’une justification possible, justification à peine étayée par les scènes où Petitgars présente la Brésilienne à ses collègues comme « sa future femme »: l’amour fou qu’il porterait à la Brésilienne. Seulement voilà: à la fin du film, la Brésilienne s’en va, Petitgars n’a même pas couché avec elle et aucun désarroi, aucun regret, aucune résignation ni même aucun oubli de Petitgars ne sont montrés.

L’escamotage par l’auteur du drame sentimental de Petitgars montre que son personnage n’est pas un individu de chair, de sang et de désirs mais le réceptacle pur et simple de ses idées politiques. Il est normal dans le monde vaguement anarchiste de Rozier qu’un brave marin étrangle des contrôleurs puisque ce sont des figures de l’autorité. Certes la violence, c’est mal donc après les avoir envoyés chez le rebouteux, il s’excuse parce que « il y a un homme derrière l’uniforme ». Après sa beigne, le contrôleur prendra évidemment conscience du caractère aliénant de son travail et se réconciliera avec son agresseur autour d’une bouteille de blanc. On en revient donc aux impressions d’artifice et d’arbitraire qui naissent d’un manque de finesse de l’écriture.

Maine-Océan est donc un film superficiel et, de plus, la surface n’est guère jolie à voir tant la paresse de la mise en scène répond à la paresse de l’écriture. Je comprends la grisaille de l’image en cela qu’elle respecte certainement la lumière naturelle de l’île d’Yeu mais j’accepte moins la longueur démesurée de certaines séquences qui ressort plus de l’auto-complaisance du réalisateur que d’un quelconque projet tant ces séquences sont vides et inexpressives. Reste la qualité de l’interprétation de Bernard Menez qui a sans doute le personnage le plus intéressant même si son drame est finalement lui aussi traité d’une façon superficielle.

Un sacré bordel (Blake Edwards, 1986)

Suite à un pari truqué, un acteur raté et son compère serveur ont maille à partir avec des mafieux…

L’intention de Blake Edwards était de réaliser une comédie dans la veine de Laurel & Hardy, succession de gags essentiellement improvisés. Le studio l’a entravé et a imposé de raconter une histoire conventionnelle. Fausse bonne idée car l’histoire ne fonctionne pas. Il est impossible de s’intéresser une seule seconde à ce qui arrive à des personnages invariablement ridicules. Reste une succession de courses-poursuites assez ennuyeuse, une chute allègre dans le mauvais goût et la vulgarité (la B.O pourtant signée Mancini est très typique des années 80) et deux trois gags irrésistibles, surtout vers la fin où Edwards va jusqu’au bout de son délire.

Poussière d’ange (Edouard Niermans, 1986)

Un flic largué par sa femme s’attache à une jeune paumée et enquête sur une série de meurtres de notables.

Sans être exceptionnel, Poussière d’ange est un bon polar à la française. Le scénario contient quelques coïncidences faciles mais l’ambiance techno-poisseuse (excellente B.O. qui fleure bon les années 80) est assez réussie et le tout est rehaussé par l’excellente prestation de Bernard Giraudeau en flic au fond du trou.

Le rayon vert (Eric Rohmer, 1986)

Les vacances errantes de Delphine, une jeune femme qui peine à se remettre d’une rupture amoureuse.

Le rayon vert est assez à part dans la filmographie d’Eric Rohmer. D’une part c’est l’un de ses films les  plus sombres puisque Delphine, l’héroïne, est clairement une dépressive. D’autre part, on n’y retrouve pas son habituelle rigueur dans la construction dramatique. On n’y retrouve ni les personnages aux rôles bien définis ni les rapports subtils s’établissant entre eux au fur et à mesure d’une intrigue bien charpentée. Non, l’histoire du Rayon vert est celle d’une errance aux quatre coins de la France.

Il n’y a pour ainsi dire pas de récit. Ce parti-pris radical peut désarçonner le spectateur. C’est que l’oeuvre repose entièrement sur la mise en scène. Puisqu’il n’y a pas de fil conducteur narratif, l’intérêt du spectateur naîtra grâce à la vérité que le cinéaste et Marie Rivière, l’actrice principale, arriveront à insuffler aux diverses séquences; des saynètes qui fonctionnent presque indépendamment les unes des autres. Elles sont de deux ordres. Il y a d’abord celles où Delphine est dans un environnement social: copines, famille, vacanciers. Souvent, ces scènes n’ont pas pour sujet principal Delphine mais un autre personnage sans fonction dramatique. Par exemple, on va écouter un retraité francilien dans son jardin raconter ses premières vacances. Dans ces moments, le cinéaste est particulièrement attentif aux petits détails concrèts; par exemple, une bretelle qui tombe et dénude une épaule de femme. Merveilleux hasard préparé! L’impression de vie qui se dégage alors est unique. Les autres séquences sont celles où les tourments de Delphine sont intégrées à la Nature. On la voit notamment pleurer toute seule dans une campagne battue par le vent. Cette séquence magnifique est peut-être la plus « murnalcienne » de toute l’oeuvre de Rohmer.

Toutes ces scènes sont autant de petites touches qui dessinent, en creux, un portrait impressionniste de Delphine. C’est bien là que réside la substance de l’oeuvre. Même si Le rayon vert fait partie de la série des « Comédies et Proverbes », même s’il y a une intention moraliste derrière, sa beauté essentielle est celle de son personnage principal. Ce sont les états d’âme de Delphine qui font le film. C’est pourquoi on peut dire qu’il repose sur les épaules de Marie Rivière qui a d’ailleurs écrit ses textes. Marie Rivière est merveilleuse donc le film est merveilleux. Elle incarne l’héroïne avec une sensibilité inouïe, une sensibilité rarissime chez le cinéaste profondément classique qu’est Rohmer.

Le rayon vert confronte l’enfermement romantique de la jeune fille à la réalité de la vie. Dans les tablées de vacanciers, lors des discussions avec ses amies, le metteur en scène, qui garde toujours une juste distance, n’a pas peur de faire passer son héroïne pour une idiote.  Parce que le bon sens, le confort bourgeois, le consumérisme sexuel brandi comme un idéal et l’obligation sociale de se montrer heureux montrent qu’elle a tort de se complaire dans sa mélancolie. Or finalement, Delphine a raison contre toutes ces conformismes plus ou moins infâmes. Comme dans Conte d’hiver quelques années plus tard, Rohmer récompense la foi absurde de son héroïne pure de coeur et d’esprit par une fin quasi-miraculeuse. Et c’est sublime. C’est évidemment plus beau que la vie.

La storia (Luigi Comencini, 1986)

Les turpitudes endurées par une mère italienne durant la seconde guerre mondiale.

Ce feuilleton mélodramatique que j’ai vu au cinéma a probablement beaucoup souffert du charcutage préalable à son exploitation en salles. Les personnages n’ont pas beaucoup d’épaisseur, ce qui les motive manque trop souvent de clarté. Ainsi il est étrange de voir une mère apparemment très aimante laisser son gamin de six ans se balader tout seul dans l’Italie de l’immédiat après guerre sans que son comportement ne soit interrogé par le récit ou la mise en scène, comme si cette négligence maternelle allait de soi. Ce genre de béance narrative affaiblit considérablement le drame.

Claudia Cardinale, dans un grand rôle tragique, s’est bêtement enlaidie et a tendance à surjouer la douleur. Cette impression de fausseté vient peut-être encore une fois de la cassure d’une continuité dramatique qui peut-être justifiait le caractère excessif de la prestation de la star. Reste quelques jolis moments, fragments de ce qui fut peut-être une grande oeuvre. Cela fait beaucoup de « peut-être ». En l’état, le film est assez lamentable et ravive le beau souvenir de La ragazza, précédente collaboration entre le cinéaste et l’actrice ayant aussi pour cadre l’immédiat après-guerre. C’était vingt ans auparavant et Claudia Cardinale était alors la plus belle femme du monde.

That’s life! (Blake Edwards, 1986)

Une chanteuse mariée à un architecte californien apprend qu’elle a un cancer de la gorge. Tout en continuant à soutenir sa famille et notamment son époux en pleine crise de la soixantaine, elle attend les résultats de l’examen qui lui dira si la tumeur est bénigne ou maligne.

Film tourné dans sa propre maison d’une façon totalement indépendante par Blake Edwards, That’s life! est sans doute un des films les plus personnels de son auteur. Il n’y a pas besoin de surinterpréter pour deviner que celui que Claudia Cardinale décrit dans ses mémoires comme « un vrai fou » a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage d’architecte vieillissant et immature. Personnage joué par Jack Lemmon, son partenaire de toujours qui forme ici un grand duo avec Julie Andrews, l’épouse à la ville de Blake Edwards. Cet aspect très intime n’empêche pas That’s life! d’être rigoureusement réalisé.

C’est d’abord un sommet de narration avec une unité de temps, une quasi-unité de lieu mais aussi une variété des registres gérée avec une maîtrise de tous les instants. Le film est une perpétuelle alternance entre le comique et le sentimental sans jamais qu’il n’y ait à proprement parler rupture de ton. Au contraire, la continuité est parfaitement gérée par le metteur en scène qui donne l’impression de faire un film de famille. Des gags presque scabreux viennent parfois modifier le cours d’une scène où un personnages s’épanche sans que la transition n’apparaisse aux yeux du spectateur. Plus que sa tendance au burlesque anarchisant qui explose dans des films qui peuvent en devenir ennuyeux (La party), ce merveilleux alliage entre humour et sentimentalité, entre tendresse et causticité, entre rire et larmes est à mon sens  ce qui, depuis Diamants sur canapé, rend le cinéaste aussi attachant. En cela, Blake Edwards est un digne hériter de Billy Wilder.

Sans la gâcher, un mot sur la fin du film:  le fait que le cinéaste n’applique pas son principe de mise en scène jusqu’au bout de la séquence (principe que l’on peut ici résumer en un mot: « tact ») montre qu’il privilégie désormais le réalisme des comportements aux envolées émotionnelles savamment distillées. Cela n’empêche nullement l’élégance du style. Les superbes cadrages nous rappellent qu’Edwards est -aussi- un maître de la composition en Cinémascope tandis que Life in a Looking Glass, chanson composée par l’éternel compagnon de route Mancini et interprétée par Tony Bennett crooner de l’âge de Jack Lemmon et Blake Edwards, achève parfaitement cette méditation sur la vieillesse.

Huit millions de façons de mourir (Hal Ashby, 1986)

Hal Ashby, le cinéaste le plus sensible du Nouvel Hollywood s’attaquait ici à l’adaptation d’un roman policier de Lawrence Block. L’histoire est celle d’un ancien flic devenu alcoolique qui retrouve sa dignité en enquêtant sur le meutre d’une prostituée dont il était amoureux. On voit donc facilement ce qui a pu intéresser Ashby dans ce sujet très conventionnel: la peinture de personnages désaxés. Grâce notamment au formidable comédien qu’est Jeff Bridges, il donne une réelle épaisseur à ce héros archétypal. Au milieu de séquences d’action brillament mises en scènes (un final plein de tension notamment), il filme les échanges entre l’alcoolique et les prostituées sans la moindre sentimentalité, avec une belle justesse de ton. En dépit d’une intrigue cousue de fil blanc et d’une musique atrocement 80’s , Huit millions de façons de mourir est donc un bon polar, une réelle sensibilité étant insufflée par les auteurs à un matériau vulgaire.