Association de malfaiteurs (Claude Zidi, 1987)

A cause d’une mauvaise blague, deux anciens diplômés de HEC se retrouvent poursuivis par la police.

C’est sympa mais avec Daniel Auteuil et Thierry Lhermitte à la place de François Cluzet et Christophe Malavoy, c’eût été plus drôle. Il est dommage que la satire contre la « mentalité HEC » soit escamotée par les péripéties policières mais la banlieue est bien filmée.

Travelling avant (Jean-Charles Tacchella, 1987)

En 1948, deux cinéphiles parisiens rêvent de rentrer dans le milieu du cinéma.

Reconstitution de l’âge d’or de la cinéphilie française qui sonne d’autant plus juste qu’elle prend en compte la face sombre de son sujet: la mélancolie, l’inaptitude à vivre, qui conduit le héros à une quasi-clochardisation. Ainsi, Thierry Frémont, une révélation, est durement émouvant. Ann-Gisel Glass est très bien en jeune fille endeuillée. Malgré quelques raccourcis scénaristiques (comment deux filles peuvent-elles s’enticher de pareil tocard?), des dialogues trop signifiants et une utilisation de la musique parfois contre-productive, Travelling avant est un joli film.

 

Light of day (Paul Schrader, 1987)

Un jeune homme frère d’une rockeuse, mère d’un enfant de cinq ans et fâchée avec leur mère catholique, perd son boulot d’ouvrier…

Ce drame familial est bien charpenté et le récit traite frontalement ses thèmes (ce qu’est un lien familial, ce qu’est la foi en Dieu) mais il manque de surprises et de détails concrets. Ainsi, la mise en scène du calviniste Paul Schrader ne montre pas suffisamment les attraits d’une vie rock&roll pour que la Tentation soit vraiment séduisante.

The big town (Harold Becker et Ben Bolt, 1987)

Dans les années 50, un jeune homme arrive à Chicago pour faire fortune en exploitant son talent de lanceur de dés.

Ce néo-noir se singularise en ceci qu’il montre une éducation sentimentale et morale plus qu’une descente dans les enfers de la criminalité. La recréation chiadée des années 50, la chouette B.O, la très sympathique idée de faire du couple deux passionnés de rock&roll s’étant rencontrés dans un magasin de disques, le joli personnage de la mère célibataire, un certain sens visuel et les seins dévoilés de la sublime Diane Lane permettent de passer un agréable moment.

Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre, 1987)

Pour y enquêter sur une série de meurtres, un inspecteur revient dans une station balnéaire où il a vécu.

L’intrigue policière est un peu incompréhensible mais les nombreux personnages de cette ville côtière assurent un certain tissu romanesque et les filles -Elisabeth Bourgine, Marie Trintignant, Gabrielle Lazure -sont jolies.

 

The lonely passion of Judith Hearne (Jack Clayton, 1987)

A Dublin au milieu du XXème siècle, une professeur de piano anciennement alcoolique tombe amoureuse du frère de sa tenancière…

Le dernier film de Jack Clayton est une réussite tant la dialectique entre une société oppressante et les fêlures intimes y est subtilement retranscrite: la première ne détermine pas complètement les secondes, le mystère psychologique est ménagé. Maggie Smith incarne la vieille fille amoureuse avec brio, les pensions de famille dublinoises à l’atmosphère un peu rancie n’ont jamais été aussi bien filmées et la somptueuse musique de Georges Delerue insuffle le lyrisme nécessaire pour que tout ça ne verse pas dans le sinistre total.