Agent secret (Sabotage, Alfred Hitchcock, 1936)

A Londres, le mari de la tenancière d’un cinéma effectue des sabotages…

Réduction des protagonistes du drame à des silhouettes (en premier lieu Verloc caricaturé en méchant de base), affadissemement de plusieurs rebondissements par du romanesque de convention et disparition du propos politique réduisent le brillant roman de Joseph Conrad à un film creux et vain où le « maître du supense » trouve prétexte à des « morceaux de bravoure » que moi j’appellerais plutôt « précis de découpage à destination des enfants de 12 ans », style la séquence avec multiples gros plans sur l’horloge alors qu’on sait qu’une bombe à retardement est programmée. A d’autres endroits, c’est, faute d’avoir su retranscrire un dixième de la richesse psychologique des personnages de Conrad, par des surimpressions que Hitchcock matérialise un deuil impossible. Soit une idée visuelle primaire que les plus débiles thuriféraires du gros Alfred s’imaginent sans doute être « du pur cinéma ». C’est certes mieux que rien mais, présence de Sylvia Sidney aidant, on se prend à rêver à ce que Fritz Lang aurait pu tirer d’un tel matériau.