Pitfall (Andre de Toth, 1948)

Un assureur père de famille s’amourache de la poule d’un voleur…

C’est donc un canevas de film noir a priori archi-rebattu mais c’est transcendé par une multitude de qualités. Il y a d’abord l’humour sardonique insufflé par les dialogues de William Bowers. Il y a ensuite un excellent casting mené par Dick Powell qui incarne parfaitement le père de famille aimant mais désabusé. Il y a, et c’est tout à fait inhabituel pour le genre, des scènes familiales dont la tendresse n’a d’égale que la brutalité des (rares) bagarres.

En fait, Pitfall montre l’intrusion du mal dans le foyer américain. Quel est le devoir d’un homme dans notre société civilisée lorsque, en partie par sa faute, sa famille est menacée?  C’est en abordant cette question que le film atteint des cimes assez exceptionnelles grâce à la complexité des situations et à la justesse des caractères qu’il présente. A ce titre, la fin est magnifique, loin de toute forme de convention.

La mission du commandant Lex (Springfield Rifle, André De Toth, 1952)

Durant la guerre de Sécession, l’enquête pour démasquer une bande de pillards confédérés infiltrée dans l’armée nordiste.

Un western intéressant qui reprend les ingrédients du « whodunit », ce type de polar dont les romans d’Agatha Christie sont de fameux exemples. La recherche du coupable au sein du groupe, les rebondissements inattendus de l’intrigue sont donc les ressorts, inhabituels pour un western, de l’histoire. Dommage qu’une fois que l’on connaisse le méchant, celui-ci perde toute ambivalence et ne soit plus défini que par son fanatisme sudiste alors qu’auparavant il était ami avec le héros joué par Gary Cooper. Cela montre que les personnages sont d’abord les jouets des conventions dramatiques et c’est pour le moins regrettable même si le film est de bonne facture.