Geneviève (Léon Poirier, 1923)

Pendant le premier empire dans un village montagnard, l’histoire d’une femme qui rata son mariage à cause de la pauvreté de sa condition et que sa soeur fut séduite par un officier.

La trame de Lamartine est mièvre, les développements sont trop longs et le jeu des actrices parfois exagéré mais la mise en scène de Léon Poirier, dans la droite lignée de celle de Jocelyn, sobre, aérée, vigoureuse et bucolique, est le meilleur équivalent français de l’école suédoise et sauve le film en élevant le ton.

Les trois mousquetaires (Fred Niblo, 1921)

D’Artagnan et ses trois amis contrecarrent un complot de Richelieu contre la Reine.

L’exposition est trop longue, l’actrice qui joue Anne d’Autriche (Mary MacLaren) est incroyablement moche, le scénario a évacué toute la deuxième partie du roman, celle qui, axée sur Milady, lui insufflait certaine profondeur dramatique et, en dehors des -trop rares- séquences d’action mettant en valeur Douglas Fairbanks, la mise en scène est sans éclat. Bref, une adaptation hollywoodienne du classique de Dumas très en deça de la splendide version de George Sidney.

Faiblesse humaine (Sadie Thompson, Raoul Walsh, 1928)

Sur une île du Pacifique, une ancienne chanteuse courtisée par la soldatesque est prise en grippe par un activiste puritain.

La nature du pouvoir et la motivation du puritain lorsqu’il refuse l’expulsion à Sydney auraient gagné à être précisées mais, mené par un grand duo d’acteurs apte à restituer toute la complexité évolutive de leurs personnages et doté d’une mise en scène expressive et riche de détails qui transfigure la quasi-unité de lieu, Sadie Thompson n’en demeure pas moins un très bon film de Raoul Walsh.

Morgane la sirène (Léonce Perret, 1928)

Cherchant sa fiancée disparue pendant une promenade en barque, un officier de marine rencontre la mystérieuse châtelaine d’une île bretonne.

Ce film tardif de Léonce Perret souffre d’un scénario alambiqué qui manque d’unité dramatique et, à l’instar de nombreux films français un peu prestigieux des années 20, d’une mise en scène essentiellement décorative. Morgane la sirène confirme que Perret perd sa pertinence après 1914.

Pêcheur d’Islande (Jacques de Baroncelli, 1924)

A Paimpol, une jeune fille est amoureuse d’un marin qui part tous les ans pêcher en Islande.

Des images soignées, d’un dépouillement typiquement baroncellien, et des stock-shots documentaires sur la pêche retiennent l’oeil mais il est regrettable -quoique compréhensible compte tenu du succès de Pêcheur d’Islande en son temps- que les adaptateurs aient aussi servilement respecté le piètre roman de Loti, avec ses digressions inutiles et son intrigue languissante.

Scaramouche (Rex Ingram, 1923)

Pendant la Révolution française, un homme aux origines mystérieuses veut venger un ami révolutionnaire assassiné par un noble.

Ramon Novarro est fade, la grande Histoire est mal intégrée au récit principal et l’académisme de la mise en scène est assommant. La version de George Sidney est supérieure en tous points.

La revanche du Bouif (Henri Pouctal, 1922)

Un noceur endetté essaye de tuer le père alcoolique de sa maîtresse en lui offrant tout l’alcool qu’il veut de façon à toucher une assurance-vie.

Suite du Crime du Bouif. Les personnages connus, les acteurs revenus, la connivence s’est intallée. Le ton est moins dramatisé et moins réaliste que dans le film précédent. Cela capitalise encore plus sur le cabotinage de la vedette -le sympathique Félicien Tramel- et sur les cartons de dialogue vachards de La Fouchardière. C’est amusant mais moins intéressant que l’original d’autant qu’une fois la situation de base présentée, le rythme patine faute de rebondissements narratifs.