Shoes (Lois Weber, 1916)

Une jeune fille d’une famille pauvre aimerait de nouvelles chaussures.

Film misérabiliste, plat et très répétitif qui serait resté confiné dans les oubliettes de l’Histoire du cinéma si les diffuseurs sélectionnaient les oeuvres en fonction de leurs qualités intrinsèques et non de critères sociologiques.

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Les ailes (Mauritz Stiller, 1916)

Un vieux sculpteur prend pour modèle un beau jeune homme…

C’est la première adaptation du roman de  Herman Bangs Michael avant le beau film réalisé huit ans plus tard par Dreyer. La technique encore un peu primitive et le jeu pas toujours subtil des comédiens font que la mise en scène garde de fâcheux accents théâtraux. A noter un début et une fin « méta-cinématographiques » qui introduisent une sympathique ironie.

The habit of happiness (Allan Dwan, 1916)

Un fils de bonne famille passant son temps à égayer les clochards est sollicité par l’entourage d’un milliardaire qui ne sourit jamais.

Ce bref synopsis montre combien The habit of happiness fut conçu comme un manifeste à la gloire de sa star: Douglas Fairbanks, rayonnante incarnation de la vitalité, de l’enthousiasme et de la joie. Le contempler entrain de rire, de bouger, de faire le coup de poing est un plaisir euphorisant qui se suffit à lui-même mais les auteurs à son service ne manquent ni d’inventivité, tel qu’en témoigne le gag métacinématographique de l’intertitre avec les vagabonds, ni de maîtrise, tel qu’en témoigne la vivacité du rythme des images.

The last of the Ingrams (Walter Edwards, 1916)

Dans une ville côtière puritaine, le dernier rejeton d’une grande famille, alcoolique et paresseux, risque de voir ses biens saisis par le banquier…

Encore une fois, la merveilleuse alchimie de la Triangle de Thomas Ince transfigure un matériau bancal. Il y a quelque chose d’un peu capillotracté et démonstratif dans cette histoire de déchéance et de rédemption d’un alcoolique faisant face aux Pharisiens et épaulant une Marie-Madeleine des temps modernes. De plus, la composition de William Desmond a tendance à alourdir la sauce. Mais la netteté du découpage, le dynamisme inventif des morceaux de bravoure et, surtout, le fantastique alliage de naturel et de sophistication dramatisante dans la lumière intensifient la présence de ce qui se déroule à l’écran tout en insufflant une profonde densité à la description critique d’une communauté puritaine.

Têtes de femmes, femmes de tête (Jacques Feyder, 1916)

Une femme du monde soupçonne son mari de la tromper avec une princesse…

Le premier film de Jacques Feyder est une comédie mondaine dont la parfaite exécution, le goût et la retenue suscitent plus d’ennui (poli) que d’estime tant il est vrai que manque le brin de fantaisie qui viendrait épicer ce canevas conventionnel et inintéressant au possible. C’est la différence entre Feyder et Lubitsch.

Gretchen the Greenhorn (Chester M. Franklin & Sidney A. Franklin, 1916)

Une jeune Hollandaise rejoint son père émigré à New-York…

L’exposition montre dignement divers individus formant le fameux « melting-pot » américain et la vie dans un quartier populaire au début du siècle donne lieu à des scènes émouvantes de précision (la mère qui envoie son fils mendier chez les voisins). A partir du moment où un ingrédient policier est introduit dans le récit, Gretchen the Greenhorn se fait plus conventionnel et artificiel. Néanmoins, le dynamisme des poursuites et le suspense entretenu par un complexe montage parallèle donnent une belle idée du niveau moyen de qualité du tout-venant de la Triangle (ce dont ce véhicule pour Dorothy Gish semble relever).

Joli rayon de soleil (Little Mary Sunshine, Henry King, 1916)

Un noceur rejeté par sa fiancée pour avoir trop bu trouve dans sa voiture une petite fille orpheline suite au meurtre de sa mère par son père…

Ce presque long-métrage est un véhicule pour l’enfant-star Baby Marie Osborne. On pourra apprécier la façon dont Henry King, qui se révèle ici un bon acteur, évacue rapidement le pathos pour se concentrer sur la relation, toute en tendresse et en charmantes facéties, entre l’amoureux malheureux et l’enfant trouvé. Les teintes dorées de l’image renforcent l’aspect mignon de ce conte puritain.