La vierge d’Istanbul (Tod Browning, 1920)

A Istanbul, une mendiante est témoin de l’assassinat d’un homme par un cheikh jaloux…

Cette kitscherie orientaliste à l’intrigue embrouillée confirme mon idée comme quoi, en dehors d’une demi-douzaine de titres célèbres à juste titre mais qui doivent leur caractère extraordinaire à leur contenu plus qu’à leur style, l’oeuvre innombrable de Tod Browning ne présente guère d’intérêt.

Les révoltés (Outside the law, Tod Browning, 1920)

Une jeune fille travaille avec un jeune homme à dérober des bijoux pour le compte du bandit qui a injustement envoyé son père en prison.

Hyper-expressif, Lon Chaney vole la vedette à Priscilla Dean. Parfois, les obsessions perverses de Tod Browning se marient bien avec la convention moralisatrice de l’intrigue (super scène où l’héroïne vise l’enfant avec son pistolet). La fureur des séquences de violence impressionne. Malgré certains ressorts tartignoles, Les révoltés est donc plutôt un bon film.

The Jack-Knife man (King Vidor, 1920)

Un vieil ébéniste vivant sur un bateau recueille un orphelin…

L’artifice du dénouement déçoit mais The Jack-Knife man est un beau film dans la lignée de Mark Twain. La vie au grand air, la solidarité entre marginaux et les familles qui se composent et se décomposent au gré de circonstances plus ou moins dramatiques sont filmées avec tendresse dans un sympathique cadre fluvial et forestier. Un soupçon de cruauté, qui trouve son expression la plus acérée dans le contrapuntique dernier plan, fait que jamais le film ne sombre dans la mièvrerie.

Son meilleur ami (Sand, Lambert Hillyer, 1920)

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Après avoir été faussement accusé par son rival en amour, un vagabond embauché dans une gare démasque une bande de bandits.

Pour une fois, William S.Hart incarne ici un cow-boy lumineux. Sa relation avec le cheval Friz insuffle une tendresse amusante à un western plus conventionnel que Son dernier exploit, Le jaguar de la sierra et autres Cité du désespoir. Les scènes d’actions sont peu nombreuses, concentrées vers la fin, mais elles sont excellentes grâce à Lambert Hillyer qui fait toujours preuve de beaucoup de brio à la mise en scène. En définitive, ce n’est pas hyper original mais c’est très bon.

Sumurun (Ernst Lubitsch, 1920)

Le cheikh d’une ville arabe imaginaire s’entiche de la danseuse d’une troupe de comédiens itinérants…

Le mélange des registres ne fonctionne pas tant le décorum de pacotille, le manque d’unité dramatique et les personnages archétypés appelaient la fantaisie mais pas le mélo. Dans les passages fantaisistes, à base de courses-poursuites et de cache-cache, Lubitsch fait preuve d’une invention dynamique qui évite à Sumurun de s’affaisser sous la lourdeur de sa production.

La quatrième alliance de dame Marguerite (Carl Theodor Dreyer, 1920)

Au XVIème siècle, pour obtenir une paroisse, un candidat au pastorat récemment fiancé doit épouser la veuve du pasteur, vieille dame qui a usé trois maris…

Un petit chef d’œuvre d’équilibre où la drôlerie n’a d’égale que la tendresse, la sophistication plastique n’a d’égale que la vitalité des comédiens, la beauté des jardins ensoleillés n’a d’égale que celle des visages et le sentiment de plénitude provoqué par la conclusion n’a d’égal que le mystère et la subtilité du déroulement. La quatrième alliance de dame Marguerite est peut-être le film le plus attachant de Dreyer.