Faiblesse humaine (Sadie Thompson, Raoul Walsh, 1928)

Sur une île du Pacifique, une ancienne chanteuse courtisée par la soldatesque est prise en grippe par un activiste puritain.

La nature du pouvoir et la motivation du puritain lorsqu’il refuse l’expulsion à Sydney auraient gagné à être précisées mais, mené par un grand duo d’acteurs apte à restituer toute la complexité évolutive de leurs personnages et doté d’une mise en scène expressive et riche de détails qui transfigure la quasi-unité de lieu, Sadie Thompson n’en demeure pas moins un très bon film de Raoul Walsh.

Morgane la sirène (Léonce Perret, 1928)

Cherchant sa fiancée disparue pendant une promenade en barque, un officier de marine rencontre la mystérieuse châtelaine d’une île bretonne.

Ce film tardif de Léonce Perret souffre d’un scénario alambiqué qui manque d’unité dramatique et, à l’instar de nombreux films français un peu prestigieux des années 20, d’une mise en scène essentiellement décorative. Morgane la sirène confirme que Perret perd sa pertinence après 1914.

Rhapsodie hongroise (Hanns Schwarz, 1928)

En Hongrie, un officier désargenté convoite la fille d’un intendant agricole.

La convention assez mièvre du récit fait que la splendeur du Mensonge de Nina Petrovna n’est pas encore atteinte mais la finesse de l’ensemble des interprètes -y compris Dita Parlo- et la sophistication de la mise en scène transfigurent cette convention. Plusieurs séquences de ce film court (à peine plus d’une heure) révèlent le talent d’un grand cinéaste. L’ample vivacité de sa caméra n’a d’égale que l’allégresse avec laquelle il varie les registres.

L’Homme le plus laid du monde (The way of the strong, Frank Capra, 1928)

Un caïd défiguré s’entiche d’une violoniste aveugle…

Le genre de petit film à cheval entre plusieurs genres (mélo, comédie et film policier) que Frank Capra enquillait à ses débuts à la Columbia. Sa virtuosité est déjà remarquable et son inventivité épice un canevas qui, sans ces qualités, aurait pu sombrer dans la mièvrerie. Enfin, un dénouement absolument extraordinaire auréole ce produit de studio d’un romantisme goethéen. The way of the strong est donc plus qu’une rareté: c’est un film bien ficelé et surprenant.

L’Épave vivante (Submarine, Frank Capra et Irvin Willat, 1928)

Sans le savoir, deux amis plongeurs de la Marine américaine sont amoureux de la même fille.

Quelques plans documentaires dus au concours de la US Navy agrémentent ce récit des plus conventionnels. Accompagné par les mêmes acteurs, Jack Holt et Ralph Graves, Capra affinera ce schématique canevas et haussera le ton dans Flight et dans le sublime Dirigible.