Seven keys to Baldpate (Reginald Barker, 1929)

Un écrivain relève le défi d’un ami en passant la nuit dans une maison isolée mais des événements inquiétants s’enchaînent…

Théâtre filmé typique des débuts du parlant et en cela très vieillot. Le récit est complètement artificiel mais le découpage et l’éclairage sont certes plus dynamiques et variés que dans d’autres films contemporains.

 

Rue des âmes perdues/Son dernier tango (The woman he scorned, Paul Czinner, 1929)

Parce qu’il s’y est engagé devant Dieu qui lui a sauvé la vie, un gardien de phare épouse une fille de bastringue…

Mélodrame des plus schématiques transfiguré par la virtuosité totale et le raffinement visuel de Paul Czinner. L’histoire n’est guère sophistiquée et souvent bêtement conventionnelle mais force est de constater que le cinéaste n’a besoin que de peu de cartons pour la raconter. Plusieurs scènes -la séduction ambiguë dans le bar- et plans -le travelling légèrement satirique sur la table du mariage, le dernier sur la plage- ont une force d’expression indépendante du récit faiblard qui les porte.

Salute (John Ford, 1929)

Quoique peu attiré par la Marine, le petit fils d’un grand amiral rejoint l’école navale d’Annapolis…

Historiquement parlant, Salute est un film important dans la carrière de John Ford. C’est le film qui lui a fait découvrir -et aimer à vie- la Marine. C’est le premier film qu’il a tourné avec Stepin Fetchit et Ward Bond, ce dernier faisant ici sa première apparition au cinéma. C’est aussi le premier rôle important (même si secondaire) de John Wayne.

Esthétiquement parlant, en revanche, Salute est un film mineur de son auteur. Si les parades sont joliment filmées et les matches de football américain découpés avec un dynamisme rare en ces débuts de parlant, le récit est platement conventionnel et la morale qui s’en dégage d’un simplisme rare chez ce grand artiste dialectique qu’était John Ford. Les scènes de bal et de bizutage sont émaillées de quelques trouvailles amusantes mais ces scènes existent comme en dehors de l’intrigue, elles ne lui donnent pas corps.

Flight (Frank Capra, 1929)

Chez les Marines, un pilote et son mécanicien, qu’il a formé, sont amoureux de la même femme.

Il y a une belle noblesse dans la description du triangle amoureux mais le rythme pâteux typique des débuts de parlant ainsi que la large place accordée aux séquences de guerre (par ailleurs impressionnantes) empêchent Flight d’atteindre la pureté de son sublime petit frère: Dirigible.

La marche de Tokyo (Kenji Mizoguchi, 1929)

Une fille est envoyée dans une maison de geishas où un jeune homme de bonne famille va s’amouracher d’elle…

De la gangue mélodramatique dont il extraira plus tard le suc de ses chefs d’œuvre, Mizoguchi ne tire ici rien de très original ni de bien passionnant. L’invraisemblance des conventionnelles coïncidences n’est guère transcendée par un style encore très hollywoodien (découpage classique….). Il faut par ailleurs préciser que, si la version restaurée par la Cinémathèque française en 1999 est parfaitement intelligible, le film n’aurait pas été conservé dans son intégralité.