Le roi des rois (Cecil B. DeMille, 1927)

La vie de Jésus lourdement illustrée par Cecil B.DeMille. Toutefois, deux séquences se distinguent:

  • la catastrophe naturelle du mont Golgotha où l’inspiration spectaculaire de l’auteur des Dix commandements se déploie
  • et surtout la stupéfiante ouverture en Technicolor bichrome où l’on voit la grande courtisane Marie-Madeleine s’ébattre entre les fauves et les patriciens décadents
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Old wives for new (Cecil B.DeMille, 1918)

Son épouse ne faisant plus aucun effort pour le séduire ni pour tenir la maison, un père de famille va voir ailleurs…

Sagesse du propos, liberté du ton, richesse des détails et inventivité constante de la forme assurent à cette fable à mi-chemin entre le drame et la comédie l’éternité d’un classique.

Jeanne d’Arc (Cecil B. DeMille, 1916)

Jeanne d’Arc apparaît dans les tranchées et raconte sa vie à un soldat anglais envoyé en mission-suicide pour le motiver.

Il est étrange de lire aujourd’hui les déclarations de Cecil B. DeMille dans son autobiographie affirmant que ce qui l’intéressait dans le scénario de Jeanie McPherson était que l’héroïne française y était vu dans toute son humanité (d’où le titre original: Joan the woman) alors que le film apparaît aujourd’hui comme une conventionnelle illustration de la légende. C’est dû à un style de mise en scène encore souvent primitif (caméra souvent frontale, séquences peu découpées…etc) et au fait que la cantatrice Geraldine Farrar n’est pas crédible du tout en pucelle. Les batailles sont assez impressionnantes et d’une façon générale, DeMille, pour son premier film historique, montre son habileté à gérer d’énormes moyens logistiques.

The godless girl (Cecil B. DeMille, 1929)

Dans un lycée américain, la guerre entre écoliers athées et écoliers chrétiens fait rage. Lorsque l’un des jeunes décède, les chefs des deux factions sont envoyés en maison de redressement…

Tourné à l’époque où le lycée (high school) commençait à se démocratiser aux Etats-Unis, The godless girl est pour ainsi dire le premier film à traiter de l’adolescence. Vingt-cinq ans avant La fureur de vivre, Cecil B. DeMille montre une jeunesse confrontée à l’injustice des adultes. L’anecdote dramatique peut aujourd’hui paraître saugrenue, elle n’en est pas moins inspirée d’un authentique fait divers, fait divers représentatif d’une époque où le lycée soulevait une multitude de débats dans la société américaine car, éloignés du cocon familial, les jeunes se retrouvaient exposés à des idées hautement subversives.

Le génie de ce grand cinéaste chrétien est de ne pas profiter de ce sujet (« the godless girl » se traduit littéralement par « la fille sans dieu ») pour faire un bête pamphlet anti-athée. Au service d’un scénario d’une remarquable finesse dialectique, le metteur en scène respecte chacune des parties, il montre la bêtise éventuelle des deux camps et réalise ainsi une oeuvre nuancée et d’une portée universelle de par la justesse de son appréhension du comportement humain. En fait d’idées, seul compte ici le souffle dramatique charrié par un récit exceptionnel.

D’une originalité rare, l’œuvre multiplie les bifurcations narratives. On passe sans heurt de l’ambiance potache des salles de classe au réalisme effroyable des maisons de redressements (ce qui peut paraître exagéré tel que les clôtures électriques ne l’est pas, DeMille s’étant comme toujours sérieusement documenté avant d’entamer son film) en passant par de sublimes tableaux bucoliques qui font penser à du Borzage nipponisé. C’est vous dire la remarquable maîtrise stylistique dont fait preuve le cinéaste pour son dernier film muet. Le seul fil conducteur est la relation faite d’amour et de haine tissée par les deux jeunes protagonistes et The godless girl s’avère, par-delà un final apocalyptique, une magnifique histoire d’amour.

D’une ampleur dramatique qui n’a comme équivalent dans le cinéma américain que certains grands films de Raoul Walsh, The godless girl est un des chefs d’oeuvre les plus ahurissants de l’histoire du septième art.
Adolf Hitler, qui écrivit une lettre d’admiration à Lina Basquette, ne s’y était pas trompé.

Why change your wife? (Cecil B. DeMille, 1920)

Une épouse est réticente à faire l’amour avec son mari. Bien qu’amoureux, son mari va donc voir ailleurs.

Autour de 1918-1920, Cecil B.DeMille a pour ainsi dire inventé la comédie de remariage, ce genre qui allait fleurir à Hollywood dans les années 30 via de merveilleux classiques signés Capra, Lubitsch ou encore McCarey. Il l’a fait en insufflant à des histoires dont les ficelles étaient celles du théâtre de boulevard français sa conviction morale. Il l’a fait avec une foi typiquement américaine dans ce qu’il racontait voire professait. Mais DeMille n’est-il pas le plus américain des cinéastes?

Why change your wife? est ainsi une comédie-fable dans laquelle l’auteur analyse le couple américain avec un sens de l’observation et une attention au détail dignes de Billy Wilder. A la différence du brillant Autrichien, DeMille s’intéresse au comportement de la femme plus qu’à celui de l’homme. Ses enseignements sont éternels et déjouent les idées reçues en montrant qu’un puritain sait, quand il le faut, faire l’apologie du sexe. Très bon.

Les naufrageurs des mers du Sud (Reap the wild wind, Cecil B.DeMille, 1942)

Un armateur et le capitaine de son navire, amoureux de la même femme, enquêtent sur des naufrages mystérieux dans les mers du Sud.

Les naufrageurs des mers du Sud est un film d’aventures exotique assez typique du cinéma de DeMille. C’est à dire que pour le dynamisme de la mise en scène, on repassera. Le film est très bavard. En revanche, on se délectera des couleurs éclatantes d’un Technicolor saturé, de l’opulence de la direction artistique, de la composition élaborée des plans, bref de la beauté des images et du charme suranné d’une poésie de studio révolue. A noter aussi que les caractères sont étonnamment complexes, le héros n’étant pas celui que l’on croit au début du film.

Golden chance (Cecil B. DeMille, 1915)

Une bonne à tout faire mariée à un malfrat est utilisée par ses riches patrons pour appâter un jeune client potentiel lors d’un dîner d’affaires. Les sentiments vont s’en mêler…

Contrairement à ce que laissait annoncer un synopsis riche de possibilités, l’intrigue est très sommaire à cause de caractères désespérément unidimensionnels. Ce alors que Forfaiture sorti la même année était plus ambigu, s’appuyant sur sur le charisme de Sessue Hayakawa. La mise en scène est recherchée, reprenant la stylisation des éclairages expérimentée dans le film précédent. A noter une fin ouverte qui tranche avec la grossièreté moralisatrice du reste de l’histoire.