La gifle (Claude Pinoteau, 1974)

Une étudiante de 19 ans se fâche avec son père divorcé…

A travers le portrait de cette famille petite-bourgeoise décomposée plus que recomposée, Jean-Loup Dabadie et Claude Pinoteau auscultent l’évolution des moeurs post-68 avec tendresse, précision et sans a priori idéologique. Le caractère tragique car insoluble des relations familiales qui se cache derrière la « libération sexuelle » n’est pas escamoté par la plaisante légèreté du ton. Riant, pleurant, s’énervant, Isabelle Adjani démontre son talent précoce mais c’est Lino Ventura qui emporte le morceau avec l’universelle justesse de son incarnation du père dépassé par sa progéniture féminine. Je l’ai rarement vu aussi émouvant. Francis Perrin apporte une touche comique très efficace. Bref, La gifle est une très jolie comédie, où l’acuité de la vision sociologique va de pair avec l’appréhension pleine et entière des personnages en tant qu’individus.

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Le grand escogriffe (Claude Pinoteau, 1976)

Un trio d’escrocs minables enlève l’enfant d’un riche mafieux. L’opération réussit mais le bébé de remplacement plait plus a son père que l’original…

Cette comédie policière produite par Philippe de Broca est une sorte d’ersatz de film de de Broca. Il y a certes un mélange plutôt bien équilibré entre comédie, film policier et mélancolie mais les personnages sont superficiels, la mise en scène manque d’envergure, le producteur n’a pas insufflé sa poésie, son regard attendri sur les doux rêveurs. La musique baroque de Georges Delerue, une des ses partitions les plus réussies dans ce style, le cabotinage de Montand et le charme d’Agostina Belli peinent à relever une sauce bien fade.