Babe 2, le cochon dans la ville (George Miller, 1998)

Babe le cochon devenu berger se retrouve propulsé dans une grande ville pour aider son maître dont la ferme est menacée de saisie.

La gentillesse forcenée et quasi-absurde (alors qu’il évolue dans un milieu horrible) de Babe rappelle Ce bon vieux Sam. Il y a d’ailleurs du McCarey (ou du Capra) dans ce film dont la fin résolument utopique ne va pas sans un nécessaire contrepoint de noirceur d’autant plus terrifiant que le film est d’abord destiné aux enfants. Le réalisateur George Miller utilise génialement tous les artifices du studio à sa disposition. Les courses-poursuites virtuoses où la caméra ignore les contraintes physiques plongent littéralement le spectateur dans le film tandis que décors et lumière très stylisés accentuent l’intemporalité de la fable. L’aspect parfois brouillon du scénario ne doit pas faire oublier que Babe 2 est un film magnifique, plus radical que l’original. Inventif, drôle, pétri d’humanité (joies de l’anthropomorphisme!), complètement fou et absolument pas infantile.

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Jeanne et le garçon formidable (Olivier Ducastel et Jacques Martineau, 1998).

Une jeune fille qui couche avec plein de garçons tombe enfin amoureuse. Pas de bol, il a le SIDA.

Comédie musicale traitant d’un sujet de société, dans la lignée des films de Jacques Demy, Jeanne et le garçon formidable s’avère plutôt réussi malgré le côté foncièrement casse-gueule du projet. Certains chansons ralentissent le film mais d’autres sont entraînantes tout en synthétisant bien la situation. Le scénario est un peu simpliste mais concis et la mise en scène aérée donne au film une certaine légèreté malgré que celui-ci soit encombré de vouloir-dire militant: caricatures simplistes (le salaud d’ex qui évidemment sort de HEC!), idéologie post soixante-huitarde infantile, apologie des blaireaux d’Act-up. Et puis, il y a Virginie Ledoyen à 20 ans. Elle est merveilleuse de jeunesse, de beauté, de vitalité. Simplement irrésistible.