Saint-Cyr (Patricia Mazuy, 2000)

A la fin du XVIIème siècle, Madame de Maintenon ouvre l’école de Saint-Cyr destinée à éduquer les jeunes filles de la noblesse pauvre.

Après le formidable Travolta et moi, une relative déception. Si l’injection d’un réalisme physique inédit dans la reconstitution historique produit des scènes étonnantes de vérité (le désir et le sexe sont judicieusement filmés), un film dont l’ambition se limite à ce programme apparaît fatalement étriqué. Par manque d’esprit de synthèse, la mise en scène échoue à faire apparaître le sens profond d’un récit qui s’éparpille autant qu’il effleure. J’ai peiné à voir où l’auteur voulait en venir, pourquoi elle avait voulu raconter la fondation de Saint-Cyr. Par exemple, le revirement bigot de Madame de Maintenon après la représentation à Versailles, aussi radical que peu justifié, apparaît exagéré. Le ressassement des deux thèmes de la bande originale, vernis uniforme appliqué à des scènes très diverses, n’insuffle pas l’unité qui fait défaut mais ajoute au sentiment d’incongruité. Parfois, Patricia Mazuy tente de compenser la faiblesse de son script en en rajoutant dans la brutalité mais le résultat apparaît alors convulsif et grotesque; ainsi des scènes de flagellation ou de la tentative de noyade dans la baignoire.