The way we are (Ann Hui, 2008)

Une veuve élevant seule son fils adolescent noue une amitié avec une vieille dame venue travailler dans le même supermarché qu’elle.

Le dédain de la forme est poussé un peu trop loin dans cette chronique réaliste: à l’instar de celle du cadeau au gendre partiellement gâchée par une nuque de figurant au premier plan, certains séquences basées sur des bonnes idées auraient gagné en émotion si leur cadrage avait été plus soigné. La tendresse de Ann Hui pour ses personnages (qui ne se comportent pas comme on s’imaginait qu’ils se comporteraient au début) mêlée au tranquille et amer constat de l’inanité des liens familiaux face à ceux que l’on se choisit fait pourtant de The way we are un film assez touchant.

Publicités

Mamma mia! (Phyllida Lloyd, 2008)

Une jeune fille invite ses trois pères potentiels à son mariage sur une île de la Méditerranée.

Longtemps conchié par les soi-disant tenants du bon goût, Abba a, en trente ans de succès commercial jamais démenti et de travail patient d’amateurs éclairés, été hissé au rang qui lui est dû: à savoir plus grand groupe de pop post-Beatles. Un film comme Mamma mia! est donc doublement condamnable. D’abord, son extrême-vulgarité ravive évidemment les clichés sur la musique d’Abba, clichés ordinairement véhiculés par des gens s’arrêtant aux vêtements ridicules des divins Suédois et n’ayant jamais pris la peine d’écouter leurs merveilleuses chansons. Ces chansons sont d’ailleurs ici allègrement massacrées. Evidemment, Meryl Streep n’a pas la sublime voix soprano d’Agnetha Fältskog mais les orchestrateurs de la bande-son qui ont transformé en soupe les foisonnants arrangements des enregistrements originaux sont à blâmer en premier lieu.

Ensuite, Mamma mia! est un film nul et, semble t-il, réalisé par des gens conscients de cette nullité. Je ne peux pas imaginer que réalisatrice, acteurs et équipe technique lorsqu’ils tournent la scène où Meryl Streep finit par plonger habillée ne se rendent pas compte qu’ils mettent en boîte des conneries pures et simples. Et qu’on ne parle pas de « fun décomplexé » tant les chorégraphies sont médiocres et n’ont rien d’entraînant! Ce bazar n’est pas plus amusant qu’un jeu télévisé de Lagaf’. Une photo criarde et un montage à la hache sont censés suppléer l’absence de mise en scène digne de ce nom tout comme l’hystérie des acteurs est censée suppléer l’absence d’enjeux dramatiques.

Un des aspects les plus déplaisants de Mamma mia! est d’ailleurs cette complaisance dans la représentation de bonnes femmes vulgaires et hystériques, ce que Phyllida Lloyd s’imaginait sans doute être son public. Non, je ne suis pas un vilain phallocrate pensant qu’une actrice doive être aussi belle que Cyd Charrisse pour avoir le droit de jouer dans une comédie musicale. En revanche, un cinéaste a le droit et le devoir de ne pas salir les gens qu’il filme en appuyant leurs travers à des fins démagogiques. Je vous renvoie au formidable Pique-nique en pyjama où Stanley Donen fait danser des prolos et magnifie Reta Shaw et Eddie For Jr, qui n’ont pas vraiment des corps de top model, avec simplicité et grâce.

Produit d’un parfait cynisme, méprisant aussi bien ses personnages que son public, Mamma mia! est donc un film sinistre et haïssable.

Låt den rätte komma in (Tomas Alfredson, 2008)


exercice de style pour parler d’un film suédois vu en festival qui ne sortira qu’en février 2009 en France. N’hésitez pas à me signaler les fautes.
En tolv år gammal pojke avskydd av sina klasskamrater och fascinerad av morden som sker i landet träffar en mystisk flicka.. Låt den rätte komma in är en skräckfilm som inspelar blodsugaren. Det är översatt från en bok av John Ajvide Lindqvists. Tomas Alfredson avvisa bekvämen föreställningen. Rytmen är långsam. Det finns många ellipser men flera blodbefläckad bilder berör. Skräckfilmen är använt skull måla upphovet ungdomen. Vermod musiken gör känna förvirringar rollers. Aktören som förställer yngre blodsugaren är utmärkt. Låt den rätte komma in är en bra film.