Une nouvelle chance (Trouble with the curve, Robert Lorenz, 2012)

Un recruteur de base-ball près de la retraite et fâché avec sa fille s’oppose à la direction de son club.

Jusqu’au dénouement, on s’efforce d’y croire. Cette opposition entre vieux pleins de bon sens et technocrates déshumanisés a beau être manichéenne et attendue, les notations crues sur la vieillesse d’un Clint plus que jamais fasciné par sa propre décrépitude (la première séquence présente quand même la star entrain de pisser des lames de rasoir) ainsi que ses conflits avec sa progéniture lui insufflent une appréciable justesse humaine. Mais la consternante stupidité de la fin achève l’indulgence du spectateur un tant soi peu lucide.

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Tricked (Paul Verhoeven, 2012)

La fête d’anniversaire d’un bourgeois tout juste quinquagénaire est perturbée par d’anciennes maîtresses…

Coécrit par des centaines d’internautes au fur et à mesure de son tournage, Tricked n’en demeure pas moins, de par les obsessions satiriques qui l’animent, un film de Paul Verhoeven. Le cinéaste vétéran a d’ailleurs nettement recadré les amateurs lorsque le processus d’écriture divergeait par trop des prémisses. La légèreté du budget induit concision et souplesse. Concision d’une histoire racontée en trois quarts d’heure, souplesse d’une caméra à l’épaule dont la mobilité immersive préfigure Elle. Les acteurs sont très bons et il serait juste que la jeune et plutôt sublime Gaite Jansen devienne une star. Le malicieux déroulement justifie a posteriori des plans de très mauvais goût. Même si la pirouette finale dévoile les limites du projet en ravalant la satire à un spectacle de marionnettes, Tricked est une friandise qui devrait ravir les amateurs du « Hollandais violent ».