Mon épouse favorite (Garson Kanin, 1940)

Sept ans après que son épouse ait disparu dans un naufrage, un homme se remarie. Mais la première femme n’était pas morte et est bien déterminée à retrouver son mari…

Afin d’exploiter le filon de Cette sacrée vérité, la RKO mit en chantier une nouvelle comédie de remariage avec le couple vedette et le metteur en scène oscarisé. Malheureusement, Leo McCarey eut un accident de voiture qui l’empêcha de diriger effectivement le tournage même s’il fut présent chaque jour en qualité de producteur. Du coup, Mon épouse favorite est une sorte de Canada dry McCarey. Plusieurs des signes extérieurs -thématiques notamment- de l’oeuvre peuvent être rattachés au génial auteur mais il manque l’essentiel, c’est à dire la mise en scène. Ce qui singularisait Cette sacrée vérité parmi les autres screwball comedies, c’était un sens du comique visuel hérité de l’expérience burlesque de McCarey, c’était aussi une tendance à l’improvisation avec les acteurs qui vivifiait considérablement un film à l’intrigue simplissime.

A contrario, le travail de Garson Kanin sur Mon épouse favorite est nettement plus convenu. Cary Grant et Irene Dune semblent moins impliqués. Les gags ne brillent pas par leur inventivité. La lourdeur d’une musique platement illustrative ne fait que souligner la faiblesse de la mise en scène. Ceci dit, le scénario filmé avec application ne manque pas d’effets comiques et le film s’avère plaisant même s’il souffre parfois de sérieuses baisses de rythme.

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