I love you, je t’aime (A little romance, George Roy Hill, 1979)

A Paris, deux enfants surdoués, la fille d’une riche Américaine et le fils d’un chauffeur de taxi, tombent amoureux…

Adaptation du best-seller E=Mc² mon amour. En dépit de personnages secondaires affreusement caricaturaux, la première partie est pas mal, contenant son lot de scènes drôles ou justes et illuminée par la fraîcheur de la jeune Diane Lane aussi bien que par le lyrisme de Georges Delerue. Cela fait penser à du Truffaut hollywoodianisé. La suite, envahie par le cabotinage de Laurence Olivier, donne l’impression que les auteurs se sont réfugiés dans la fantaisie en toc pour éviter de traiter franchement leur sujet. Le plan-climax du baiser est tout de même touchant par sa sobriété.

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Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill, 1969)

Au début du XXème siècle, deux bandits de l’Ouest américain s’enfuient vers l’Amérique du Sud…

En plus d’être moralement très contestable, le parti-pris qui fut celui de rendre sympathique ces deux crapules (montrées comme ne tirant jamais qu’en état de légitime défense et se souciant de la santé des caissiers qu’ils braquent) a vite fait de désamorcer tout l’intérêt dramatique du film. Cette violence montrée comme sans conséquence grave, cette absence de contre-champ au point de vue des deux hors-la-loi qui introduirait un semblant de dialectique et donc de dramaturgie, alliée à la répétitivité du récit (l’Oscar du meilleur scénario qui fut attribué à Butch Cassidy et le Kid demeure pour moi un mystère) et à la fadeur de Redford fait que la nonchalance vire rapidement à l’inconsistance.

Abattoir 5 (George Roy Hill, 1972)

Un ancien G.I de la seconde guerre mondiale a la faculté de revivre les différentes étapes de sa vie.

Un film tout à fait étonnant. Passé les premières réactions agacées devant l’éparpillement de la chronologie -coquetterie typique de l’époque-, on se rend compte qu’un tel dispositif n’a ici rien d’arbitraire, qu’il n’empêche pas la continuité dramatique (le montage s’assimile rapidement à un montage alterné quasi-griffithien) et qu’il donne toute sa dimension à une méditation sur la vie humaine certes un peu confuse mais nimbée d’un mélange de tendresse et d’ironie (voir la mise en scène de la mort de l’épouse) aussi subtil qu’attachant. Ce doux et étrange détachement fait finalement de Abattoir 5 une des plus pures expressions de la mélancolie produites par Hollywood (aux côtés par exemple de L’aventure de Mme Muir). La musique de Glenn Gould qui contient plusieurs morceaux de Bach, le kitsch assumé et charmant des passages dans l’Espace et des acteurs inconnus mais épatants (il est dommage pour le cinéma américain que Michaels Sacks ait abandonné l’art dramatique pour devenir trader à Wall Street) en sont les qualités les plus distinctes. Par ailleurs, les scènes de guerre à l’intérieur du film de science-fiction sont l’occasion pour George Roy Hill de porter un regard neuf et évocateur sur la seconde guerre mondiale (sans doute le conflit le plus vu au cinéma): voir la scène où un officier de la Wehrmacht ordonne à des prisonniers de guerre américains d’incinérer les Allemands tués dans les bombardements de Dresde.