Comanche (George Sherman, 1956)

Un éclaireur de la cavalerie va chez les comanches pour faire la paix.

Plaisante illustration de la convention westernienne agrémentée par une jolie chanson (une variation de You are my sunchine). Une scène se distingue: celle où les guerriers indiens surgissent en haut d’une crête, sur toute la largeur du plan en Cinémascope, avec des « hou-hou-hou » quasi-fantastiques en fond sonore. C’est assez fort. Le message pacifiste et anti-raciste du film reste soumis à l’idéologie américaine, ainsi qu’en témoigne le discours final du grand sachem qui est en gros une apologie du « salad bowl ».

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Sur le territoire des Comanches (George Sherman, 1950)

Jim Bowie fait en sorte que les colons frontaliers respectent le traité de paix avec les Comanches, dont le territoire contient des mines d’argent.

Il ne faut pas se fier aux apparences: même si les Indiens ont un beau rôle et que les méchants sont blancs, le fait est que ce film prône l’exploitation des ressources en territoire indien par les Blancs. Pourvu que cette exploitation se fasse dans les termes fixés par le gouvernement américain. Cette petite hypocrisie n’est pas très grave en soi mais révélatrice de l’audace des auteurs: très limitée. De Comanche Territory, il ne faut pas attendre plus que ce qu’avaient à offrir des oeuvrettes de série B comme chaque studio en réalisait des dizaines chaque année. Sa petite originalité est qu’il commence comme une screwball comedy avec Maureen O’Hara qui en fait des tonnes en irascible pionnière. Il s’achève cependant de la façon la plus conventionnelle qui soit. Le rythme soutenu de la narration et la vision, toujours plaisante, de Monument Valley en Technicolor empêchent le spectateur de s’endormir devant ce western routinier au possible.

Bandits de grand chemin (Black Bart, George Sherman, 1948)

Un braqueur de diligences se sépare de son compère et commet ses forfaits masqué.

Western conventionnel et convenu sans grand intérêt. Les motivations du personnage principal, bandit mais gentil, restent floues. Sa romance, sous deux identités différentes, avec la danseuse Lola Montès anéantit tout espèce d’embryon de crédibilité à cette médiocre série B.

Tomahawk (George Sherman, 1951)

Un trappeur essaie d’éviter une guerre entre les Sioux et un régiment de cavalerie encombré d’éléments bellicistes.

Tomahawk est un western de série Universal qui bénéficie d’une certaine originalité dans la mesure où, après La porte du diable et La flèche brisée, c’est un des premiers westerns parlants qui prend clairement parti pour les Indiens. Sous l’impulsion de la scénariste de gauche Silvia Richards, le massacre de Sand Creek est évoqué dans un film hollywoodien près de vingt ans avant Soldat bleu. Comme quoi les années 60 n’ont vraiment rien inventé de fondamental. Néanmoins, cette audace politique n’empêche pas la convention de régir le film par ailleurs. Si les rapports de force entre la cavalerie et les Indiens sont retranscrits d’une façon assez subtile, le manichéisme se retrouve dans la caractérisation du trappeur (le gentil très gentil) et du personnage d’Alex Nicol (le méchant très méchant). George Sherman ne fait pas preuve d’une grande imagination dans sa mise en scène. Voir pour s’en convaincre la façon guère plus qu’illustrative dont est découpée le meurtre décisif qui entraîne l’escalade belliciste. Heureusement, les verdoyants paysages du Dakota (censés figurer le Wyoming) sont jolis et on notera que l’importance des nuages dans le cadre dramatise un peu l’action. De plus, western de série Universal, Tomahawk a les qualités des westerns de série Universal; à savoir sécheresse du montage et concision de la narration. En somme, c’est un film honorable.