La diligence vers l’Ouest (Stagecoach, Gordon Douglas, 1966)

Une diligence avec à son bord une prostituée, un bandit, un docteur alcoolique, un banquier, et un joueur part vers l’Ouest à travers les territoires indiens…

Remake habile et parfaitement inintéressant du grand classique de John Ford. Les vertus de concision de l’original ont laissé place à une lourde explicitation des caractères et des enjeux dramatiques, bien dans l’air du temps.

Le trésor des sept collines (Gordon Douglas, 1961)

Deux chasseurs de fourrures qui ont par hasard découvert de l’or sont menacés par des voleurs divers et variés.

Sobre dans ses effets, précis dans son découpage, nuancé dans sa narration, Le trésor des sept collines s’inscrit dans une des plus belles traditions du western: celle des fables sur la soif de l’or auxquelles le réalisme mythique propre au genre fournit un écrin lumineux de simplicité. Un bémol tout de même: le noir et blanc, étonnant compte tenu de l’année de sa production, ne rend pas justice aux somptueux paysages dans lesquels il se déroule (Grand canyon, Monument Valley…).

I was a communist for the FBI (Gordon Douglas, 1951)

En pleine guerre froide, un agent du F.B.I infiltre le parti communiste implanté chez les ouvriers de Pittsburgh.

Si la propagande oblitère finalement la richesse dialectique de l’argument dramatique, cet argument donne lieu à des scènes étonnamment fortes qui insufflent une certaine densité humaine au récit: ainsi lorsque le père est forcé de jouer son rôle de communiste aux yeux de son fils, chagriné et révolté. Frank Lovejoy se révèle d’ailleurs un excellent comédien. De surcroît, la concision du découpage, la qualité de la photo, la précision des mouvements de caméra et la sécheresse des scènes de violence font de I was a communist for the FBI un film vif et plaisant. C’est à vrai dire un des films les plus brillants du talentueux Gordon Douglas.

Mara Maru (Gordon Douglas, 1952)

Un plongeur dont l’associé a été assassiné est embarqué dans une expédition pour trouver un trésor.

Un petit film d’aventures saupoudré de mystère policier avec une lumière perpétuellement sombre et donc peu dépaysante compte tenu du fait que l’action se déroule dans les mers du Sud. C’est globalement routinier, bavard et assez mou. Le cas de conscience du héros vénal est d’abord ennuyeux car c’est un poncif exposé avec force dialogues sursignifiants mais il finit par convaincre car les auteurs l’assument jusqu’au bout et montrent qu’un type poursuivi par le héros s’avère le vrai gentil. Et donc le héros avait clairement tort. C’est une entorse appréciable à la convention qui arrive cependant très tardivement.

De minuit à l’aube (Gordon Douglas, 1950)

Deux flics qui patrouillent dans la même voiture tombent amoureux de la secrétaire de leur chef.

Between midnight and dawn est un petit film à la gloire d’un corps de la police américaine comme Anthony Mann en a réalisé plusieurs à la même époque. Le talentueux Gordon Douglas n’a certes pas le génie de Mann en ce qui concerne la mise en scène mais on retrouve tout de même la concision, l’efficacité narrative et un côté vaguement documentaire, vertus typiques de la série B américaine d’alors.
L’écriture est schématique et facile quoique foncièrement honnête. Vingt ans avant Les flics ne dorment pas la nuit, la dureté du métier de flic est évoquée d’une façon embryonnaire mais claire. Ainsi, une ou deux scènes dures et fortes, telle celle où le héros éprouvé par la mort de son copain tabasse une chanteuse, frappent l’esprit au sein d’un ensemble plutôt niais.

Le géant du grand Nord (Yellowstone Kelly, Gordon Douglas, 1959)

Les pérégrinations d’un trappeur à Yellowstone, entre la cavalerie et les Sioux.

Un western de bonne facture quoique dénué du moindre embryon de génie. Sous les dehors originaux et progressistes (méchant pas si méchant…) du scénario de Burt Kennedy, la convention n’est en fait jamais dépassée. Les enjeux dramatiques de l’intrigue sont multiples mais aucun n’est réellement mis en avant, aucun n’est vraiment creusé par le metteur en scène qui filme chaque situation avec un égal professionnalisme et le tout reste donc assez illustratif. A réserver aux amateurs du genre.