Papa longues jambes (Jean Negulesco, 1955)

Un milliardaire américain adopte une jeune Française puis la délaisse.

Le Cinémascope a rendu Jean Negulesco encore moins imaginatif qu’à l’accoutumée et sa mise en scène désolante de platitude ne sert guère un scénario prévisible. Les chansons sont de plus assez faibles et les numéros musicaux parfois vulgaires. Enfin, Papa longues jambes est un film d’une longueur intolérable (2h10, soit au moins une demi-heure de plus qu’il n’en faut).

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La femme aux cigarettes (Road House, Jean Negulesco, 1948)

Une nouvelle chanteuse met à mal l’amitié entre le propriétaire d’un cabaret et son gérant.

La femme aux cigarettes est un film noir mâtiné de drame psychologique. Il y a peu d’action, peu de mystère et l’intrigue est tout à fait conventionnelle. Le rythme est monotone mais le film avance sûrement. La mise en scène de Jean Negulesco qui exploite impeccablement les ressources du studio donne une certaine épaisseur à l’environnement des personnages et les éclairages de Joseph LaShelle se contrastent joliment au fur et à mesure que le drame se noue. Un an après Le carrefour de la mort, Richard Widmark refait un numéro de psychopathe à base de rictus diabolique et Cornel Wilde est un parfait émule de Dana Andrews tandis que qu’Ida Lupino excelle autant qu’à l’accoutumée même si elle est moins jolie qu’elle ne l’a été à cause d’une frange affreuse.
Bref, La femme aux cigarettes est un film qui sans être véritablement passionnant se laisse regarder.

Deep valley ( Jean Negulesco, 1947)

La rencontre d’une jeune fermière un peu simplette avec un criminel en cavale…
Un mélo policier avec Ida Lupino. C’est joliment filmé mais sentimental, longuet et un peu lourd. La musique notamment est particulièrement pesante. A la fois peu et beaucoup séparent ce film de La maison dans l’ombre, auquel on pense beaucoup si on a vu le chef d’oeuvre de Nicholas Ray auparavant.

Johnny Belinda (Jean Negulesco, 1948)

Un médecin nouvellement arrivé dans une petite ville côtière se marie avec une jeune sourde-muette victime d’un viol…
Le sujet donne le ton. C’est mélo/mélo/mélo. Malheureusement, il est difficile de croire à des personnages dont la psychologie se résume à un caractère (la candeur, la bonté, la méchanceté). Sans atténuer leur portée, Borzage introduisait de l’humour dans ses mélodrames, ce qui compensait leur solennité et faisait exister les personnages au delà de leur archétype. Ici, les ficelles énormes d’un scénario extrêmement manichéen guident les protagonistes d’un bout à l’autre du film. A côté de ça, le film est techniquement irréprochable même si dénué du moindre génie plastique. Les images sont jolies, le rythme est d’une belle fluidité et la narration feuilletonesque empêche l’ennui malgré la profonde idiotie de l’histoire racontée.