Christine (John Carpenter, 1983)

Un adolescent achète une voiture des années 50 qui tue les gens.

L’allégorie « Faust chez La fureur de vivre » est développée sans grand souci de cohérence et sans la moindre finesse; mention spéciale au personnage du garagiste dont l’abus de gros mots est affreusement caricatural. A partir d’un canevas similaire, Carrie offrait une vision de l’adolescence plus juste, moins stéréotypée. De plus, comme souvent chez John Carpenter, le rythme est un peu mou.

Cependant, les travellings sont élégants et la maîtrise plastique du cinéaste engendre de superbes morceaux de bravoure au premier rang desquels les morphings régénérants et la course de la voiture enflammée. Sa fameuse musique « atmosphérique » est également plus réussie qu’elle ne le fut. C’est donc pas si mal.

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Assaut (John Carpenter, 1976)

A Los Angeles, une horde attaque un commissariat sur le point d’être désaffecté.

Les plans presque abstraits de l’extérieur du commissariat, influencés par ce film autrement génial qu’est La nuit des morts-vivants, distillent une certaine ambiance mais j’ai été déçu par l’exposition laborieuse, par les personnages qui ne dépassent jamais leurs stéréotypes, par la bande-son ressassée, par un rythme aux antipodes de la nervosité des princes de la série B d’antan. La minceur du budget explique certains défauts, tel la pauvreté du thème musical à la composition duquel n’ont été consacrés que trois jours. Mais globalement, c’est vide. Le vide permet certes au critique, surtout s’il est français, de projeter tous ses fantasmes (ses fantasmes politiques notamment) mais ce critique ferait bien de (re)voir les westerns de Budd Boetticher écrits par Burt Kennedy. Cela l’aiderait peut-être à distinguer concision et convention, épure et vacuité, abstraction et schématisme, chef d’oeuvre authentique et divertissement regardable.

Le roman d’Elvis (John Carpenter, 1978)

En 1968 dans une chambre d’hôtel de Las Vegas, sur le point d’effectuer son come-back, le King se souvient…

Ce téléfilm remplit son cahiers des charges de « biographie de star » avec succès. Chaque étape de la légende avant 1968 est présente, le milieu social et géographique dans lequel est né Elvis est bien restitué, la bande originale est impeccable (une séparation avec Separate ways en fond sonore est évidemment émouvante) et, surtout, le mimétisme de Kurt Russell est épatant. Pour que fonctionne un passage obligé comme la scène dans le club allemand, où la prestation du King enflamme une foule qui ne s’attendait pas à le voir, il est absolument nécessaire que le comédien se montre à la hauteur de la star qu’il interprète. C’est bien le cas et la scène est donc ébouriffante. Enfin, il y a un plus qui singularise Elvis vu par John Carpenter. C’est l’accent mis sur la relation fusionnelle entre Elvis et sa mère qui donne au film une tonalité tour à tour tendre et inquiétante -l’aspect malsain de cette relation n’étant pas éludé.

Starman (John Carpenter, 1984)

Un extraterrestre ayant pour mission d’établir le contact avec les humains prend la forme du défunt mari d’une belle campagnarde.

Le récit est assez frustrant car il n’est pas avare en raccourcis et, finalement, ne fait que survoler le potentiel dramatique de l’argument initial. Le message de la fable est beau même si exprimé parfois naïvement (l’apprentissage du vocabulaire). Quoiqu’il en soit, la lumière bleutée avec plein de halos, la musique lyrico-planante de Jack Nitzshe et, surtout, surtout, le charme infini de Karen Allen achèvent de faire de Starman le film le plus attachant de son auteur.