Juge et hors-la-loi (The life and times of judge Roy Bean, John Huston, 1972)

L’histoire de Roy Bean, ancien bandit qui s’autoproclama juge dans une petite ville à l’Ouest du Pecos.

Pendant les trois quarts du film, le ton est ironique et John Huston ne prend pas l’histoire qu’il raconte au sérieux. Du coup, le spectateur non plus. Si le parti-pris de faire une comédie, parti-pris impliquant notamment une rigueur scénaristique dont Juge et hors-la-loi est dépourvu, avait été clairement assumé, l’ennui aurait peut-être été moindre. Malheureusement, il s’agit plus pour l’auteur d’afficher son incrédulité par rapport aux conventions du genre en revêtant sa mise en scène de l’apparat de la modernité (les adresses à la caméra, complètement incongrues) que de divertir le public.

Cependant, après cette première partie stérile, le ton devient plus sérieux, le véritable sujet se dessine. C’est le portrait d’un rêveur dépassé par la réalité. Cela donne lieu à quelques jolies séquences dans lesquelles l’impuissance de Roy Bean est amèrement montrée mais on regrette d’autant plus qu’elles n’aient pas été portées par une dramaturgie plus étoffée.

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La dernière chance (Fat City, John Huston, 1972)

Dans une ville paumée de l’Amérique profonde, la rencontre de deux boxeurs: un jeune poulain prometteur et un champion déchu et alcoolique.
Fat city est un des beaux films de John Huston. Le pessimisme, marque de fabrique de l’auteur, n’y est pas appuyé. Il n’y a pas de pathos, le film est un voyage sordide mais beau au coeur de l’Amérique profonde. La réalité sociale et les individus sont montrés sans fard mélodramatique ou embellissant. Les acteurs sont très bons et font naître une réelle empathie pour leurs personnages. Huston nous présente simplement deux hommes qui se bercent de leurs illusions et c’est ce qui rend Fat city émouvant. Pour couronner le tout, la superbe chanson de Kris Kristofferson qu’est Help me make it through the night accompagne les images.

Key Largo (John Huston, 1948)

Déçu. Une histoire qui réutilise grossièrement les recettes qui ont fait le succès de Humphrey Bogart qui joue encore son sempiternel personnage de désabusé qui s’engage à nouveau pour les beaux yeux de Lauren Bacall. Le personnage d’Edward G.Robinson, un petit césar 20 ans après, n’est malheureusement pas plus intéressant tant sa psychologie est peu nuancée. C’est relativement statique pour un film du genre, empesé et bavard. Bref, plutôt chiant dans l’ensemble.

Les insurgés (We were strangers, John Huston, 1949)

Film hollywoodien sur la révolution cubaine de 1933 qui prend fait et cause pour un groupe de résistants. Ce n’est pas très nuancé donc pas très passionnant non plus. C’est en revanche plastiquement remarquable: la photo violemment contrastée de Russell Metty, la caméra dynamique et les plans rapprochés sur les visages (notamment celui de Jennifer Jones) en font un film assez sensuel sans être esthétisant. Pas inintéressant mais dispensable.