Son dernier exploit (The toll gate, Lambert Hillyer, 1920)

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Pendant sa cavale, un bandit trahi par son complice sauve le fils d’une fermière et se réfugie chez cette dernière.

Ce premier film produit par William S.Hart fut une nouvelle réussite à l’actif de l’auteur-acteur. Les motivations des personnages dont le comportement est soumis à la convention manquent parfois de clarté et l’allégorie puritaine ne fait pas dans la finesse mais la formule de la star -rencontre entre un bandit foncièrement gentil et une jeune fille pure- fonctionne toujours bien grâce à la sobriété des acteurs et à la rudesse du ton (voir la mort du méchant).

The testing block (Lambert Hillyer, 1920)

Un chef de bande tente de se ranger en fondant une famille…

Les quelques défauts de scénario -tel la faiblesse des motivations du méchant- ne pèsent pas lourd face aux accents de vérité élémentaire dégagés par ce western de William S.Hart. Une maison de rondins dans la clairière, une troupe de théâtre itinérante jouant sous la menace des bandits, le remords d’un caïd face au visage lumineux d’une jeune artiste, une pionnière qui joue du violon pour endormir son bébé, la violence d’une bagarre près du feu, l’ingénieuse évasion d’un héros à travers le toit…La beauté naturelle des images de Joe August, la simplicité directe du ton, le sens de l’ellipse, la sobriété de l’interprétation ou encore un montage parfaitement accordé à l’action (voir le rythme brutal de la poursuite finale) font partie des qualités formelles conférant à toutes ces séquences, qui entre d’autres mains pourraient sembler de pure convention, la fraîcheur des récits fondateurs. On note de surcroît que le puritanisme de Hart s’avère ici moins rigide qu’il ne l’a été (dans The redemption of Draw Egan par exemple). Merveilleux.