Pasqualino (Lina Wertmüller, 1975)

Un maquereau napolitain prisonnier des nazis prend conscience de l’horreur nazie mais tente de survivre quitte à se compromettre avec les tortionnaires.

Traitant le plus épineux des sujets épineux qu’est l’extermination nazie, Lina Wertmüller n’a nullement renoncé à l’outrance caricaturale de son style, ce qui engendre des scènes proprement hallucinantes telles les longues séquences de massacre de masse dans le camp de concentration avec amples mouvements de caméras, gros plans plans sur des sexes d’hommes morts et chevauchée des Walkyries en fond sonore! Sans jouer au moraliste du cinéma, c’est quelque chose qui m’a personnellement répugné. Comme m’ont répugné la systématique laideur des personnages féminins, laideur exacerbée par la mise en scène qui abuse du gros plan (si possible disgracieux), la lumière pléonastiquement verdâtre dans la confrontation entre le prisonnier et sa geôlière et le générique stupéfiant de crétinerie où des images d’archives des dictateurs sont accompagnées par une chanson italienne ponctuée de gras « oh yeah! ». Néanmoins, je ne suis pas d’accord pour taxer Pasqualino de confusionnisme idéologique car le sens du récit m’a semblé parfaitement clair tant il est dénué de finesse dans son expression: le voyage au bout de l’enfer du minable maquereau occasionne à la fois sa prise de conscience morale et sa salissure irrémédiable, mais nécessaire à sa survie. Ce n’est pas que du nietzschéisme de bazar.