Vendémiaire (Louis Feuillade, 1918)

Pendant la Première guerre mondiale, divers exilés du Nord de la France se retrouvent à travailler dans une propriété viticole du Sud…

Pendant la première demi-heure, je me suis dit que son grand sujet avait haussé le niveau de l’inspiration du médiocre Feuillade. Non seulement, comme dans Les vampires, il y a un involontaire mais appréciable côté documentaire (l’exode fluvial et la fabrication du vin sont brièvement montrés) mais de surcroît, la grandeur simple des personnages archétypaux et le judicieux schématisme de la géographie touchent au mythe.

Malheureusement, la propagande inhérente à son projet amplifie la tendance démagogique de Louis Feuillade qui, trop vite, rabaisse son oeuvre en accumulant les poncifs aussi bien dans le récit que dans la direction d’acteurs. La sous-intrigue avec la fausse fille-mère est particulièrement révélatrice de la bassesse de sa vision. De plus, si la majorité de l’action a le mérite de se dérouler dans des décors naturels, on ne peut pas dire que la caméra les mette beaucoup en valeur. La technique de Feuillade est toujours aussi primaire.

Bref, Vendémiaire est peut-être le moins nul des longs métrages de Feuillade mais il déçoit.

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La Tare (Louis Feuillade, 1911)

Une serveuse du quartier latin est embauchée dans un institut de charité…

Mélodrame poussiéreux et longuet où surnagent trois jolis plans. La profession de foi soi-disant réaliste de la série « La vie telle qu’elle est » n’empêche pas le récit d’être conventionnel (et très puritain).

 

Le coeur et l’argent (Louis Feuillade, 1912)

La fille des propriétaires d’une auberge, bien qu’amoureuse d’un jeune homme, est mariée à un riche client de ses parents…

Les acteurs sont relativement sobres, le cadre fluvial, élargi par les panoramiques de la caméra, donne un joli naturel à l’idylle de convention et l’utilisation des surimpressions et du split-screen pour figurer les réminiscences des personnages se révèle pertinente. Le coeur et l’argent est un bon mélodrame.

 

Erreur tragique (Louis Feuillade, 1912)

Après l’avoir aperçue dans un film d’Onésime avec un autre homme, un mari se met à soupçonner son épouse…

Ce film de 1912 est évidemment intéressant du fait que le drame commence avec un film dans le film. Grâce à cette mise en abyme, les auteurs ont trouvé un moyen visuel et percutant de suggérer, tout en restant mystérieux, une éventuelle infidélité de leur personnage féminin. Cette trouvaille est joliment exploitée dans un « mélodrame bourgeois » bien mené et bien réalisé. Formellement parlant, on note une photographie parfois assombrie qui est alors en accord avec les tourments du mari jaloux (embryon d’expressionnisme) et un petit montage parallèle qui dramatise judicieusement le dénouement.