Fra Diavolo (Luigi Zampa, 1942)

A Naples, un bandit se bat contre l’envahisseur bonapartiste.

Film d’aventures historique banal, bien rythmé et plombé par l’absence de charisme de son acteur principal (tare récurrente du cinéma de cape et épée italien). On note un cocasse personnage de fonctionnaire retournant sa veste au fur et à mesure des changements de régime qui annonce l’oeuvre à venir de Luigi Zampa.

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Nous sommes tous coupables (Luigi Zampa, 1959)

A Gênes, un juge d’instruction enquête sur un tabassage violent pendant que des membres de la famille chez laquelle il loge essayent de maintenir leur niveau économique sans se compromettre moralement…

Entremêlant personnages et intrigues avec la virtuosité d’un romancier, Lugi Zampa a réalisé un nouveau film sur les divers processus de corruption à l’oeuvre dans la société italienne. Préférant cette fois la tonalité dramatique au registre comique, il a concocté plusieurs séquences saisissantes d’amertume. La finesse de l’interprétation (François Périer en tête), le réalisme de la mise en scène et la rigueur d’une narration centrée sur les comportements individuels permettent de ne jamais sacrifier la vitalité et le naturel de la représentation au schématisme du discours. Finalement, seul le personnage du juge apparaît comme un prétexte d’auteur, un relais entre le spectateur et la fiction en cela qu’il permet aux autres protagonistes de s’épancher sur leur condition. A noter que Il magistrato est un film d’autant plus beau qu’il est un des seuls de Zampa à se clore sur une note d’espoir, note d’espoir matérialisée par le lumineux visage de la jeune Cardinale.

Bello, onesto, emigrato Australia sposerebbe compaesana illibata (Luigi Zampa, 1971)

Un travailleur italien émigré en Australie trouve une épouse calabraise en mentant dans une annonce matrimoniale…

Un regard aiguisé, source de gags aussi bien que d’amertume, sur une réalité méconnue (la solitude des immigrés italiens en Australie) et une Claudia Cardinale sublime et sublimée (on note que les cheveux mi-longs lui vont à ravir) permettent à cet inédit tardif de Luigi Zampa de rester plaisant en dépit de la paresse certaine de l’écriture (plusieurs péripéties artificielles) et de l’interprétation grimaçante d’un Sordi en roue libre.

Gente di rispetto (Luigi Zampa, 1975)

Dans un village sicilien, l’arrivée d’une jeune et jolie institutrice est accompagnée de morts violentes…

Même si son prétexte ne tient pas debout et que ses articulations manquent de clarté, le récit policier en dit aussi long sur le peuple sicilien et ses ambiguïtés que Le guépard. La fin est terrible en ce qu’elle révèle le doucereux consentement d’une héroïne à l’ordre archaïque. La musique d’Ennio Morricone dramatise une mise en scène par trop désinvolte et Jennifer O’Neill est absolument splendide. Gente di rispetto se laisse voir.

Question d’honneur (Luigi Zampa, 1965)

En Sardaigne, pour des questions d’honneur, un journalier est forcé d’épouser une détenue récemment libérée…

Se moquer des ploucs du Sud fut une grande spécialité des auteurs de la comédie italienne. C’est ici la matière de plusieurs scènes marrantes (le concours de coups de boules!) mais, fort heureusement, Luigi Zampa ne se contente pas de ricaner d’un peuple aux moeurs archaïques. Son regard est nettement plus subtil que celui de Pietro Germi dans Séduite et abandonnée par exemple. Rapidement, le récit se complexifie et ses enjeux évoluent. Plusieurs virages à 180°, toujours justifiés par la logique profonde des personnages et des évènements, lui donnent une profondeur romanesque et la tragédie contamine peu à peu la comédie avec un naturel qui n’exclut jamais le sens de la bouffonnerie. Génie italien. La beauté de Nicoletta Machiavelli fait qu’on croit sans peine à l’amour qui anime l’attachant personnage de Ugo Tognazzi. C’est en prenant son temps et en soignant les enchaînements de la narration que le cinéaste rend perceptible le glissement de son brave héros, écartelé par des codes sociaux absurdes, dans la folie. Seul le discours final venant expliciter le propos du film -péché mignon de Zampa- altère la force implacable de ce quasi chef d’oeuvre.

Les coupables (Luigi Zampa, 1952)

Enquêtant sur un assassinat, un juge d’instruction napolitain s’attaque à la camorra…

Le scénario est de Francesco Rosi et ça se sent au parfum de dénonciation désenchantée qui clôt le film. En dehors de ça, Les coupables est un polar comportant des longueurs (la laborieuse scène de reconstitution) et qui n’est pas exempt de facilités pour faire avancer l’enquête mais sa deuxième partie, focalisée sur un jeune couple voulant émigrer en Amérique, touche par la pureté de son lyrisme et le soin apporté aux images des quartiers populaires napolitains (certaines évoquent les futurs films signés par l’assistant-réalisateur: Mauro Bolognini).