Napoléon à Sainte-Hélène (Lupu Pick, 1929)

Les dernières années de Napoléon, prisonnier de Hudson Lowe à Sainte-Hélène.

Ne pouvant réaliser sa très ambitieuse biographie de Napoléon en six épisodes, Abel Gance a vendu le scénario du dernier à Lupu Pick, cinéaste emblématique du Kammerspiel. En résulte un film évidemment très différent du légendaire Napoléon mais plutôt bon. L’emphase des cartons de Gance contraste avec la mise en scène calfeutrée. Le déroulement attendu de l’hagiographie n’empêche pas deux ou trois jolies scènes intimistes.

La nuit de la Saint Sylvestre (Lupu Pick, 1924)

La nuit de la Saint Sylvestre, un homme voit sa femme et sa mère se déchirer.

Comme d’autres films contemporains écrits par Carl Mayer -tels Le rail de Lupu Pick ou Le dernier des hommes de F.W Murnau-, La nuit de la Saint Sylvestre ne comporte aucun carton (en dehors de celui qui introduit le film). L’ambition est de raconter le drame uniquement à travers l’image. Malheureusement, l’absence de mots ne fait qu’exacerber l’arbitraire schématisme de ce drame. Il n’y aucun sens de la nuance. Le jeu des trois acteurs, extraordinairement outré, ramène l’oeuvre, qui se déroule en grande partie entre les quatre murs d’une cuisine, du côté du théâtre le plus fabriqué. L’ambition cinématographique des auteurs se manifeste à travers la mise en parallèle du drame avec les festivités du nouvel an, filmées avec une caméra aussi mobile que dans Le dernier des hommes. Toutefois, faute d’être dialectisée, cette mise en parallèle paraît artificielle. Bref, ce classique du Kammerspiel apparaît aujourd’hui bien poussiéreux.