Zouzou (Marc Allégret, 1934)

Un marin et une métisse élevés par un homme de cirque montent à la capitale…

L’inconsistante mollesse de Marc Allégret annihile un film qui avait un bon potentiel dramatique (les relents incestueux qui auraient pu être mieux exploités) et spectaculaire (les chorégraphies, pâles ersatz de Busby Berkeley). Visiblement, Joséphine Baker n’était pas une grande actrice de cinéma.

Les petites du quai aux fleurs (Marc Allégret, 1944)

La cadette amoureuse du fiancé de l’aînée, la fratrie de quatre filles d’un libraire des quais de Seine est perturbée…

L’entrelacs amoureux concocté par Marcel Achard n’est pas déplaisant, il y a une certaine justesse dans les scènes un peu graves entre Odette Joyeux et Lefaur qui joue le père, Bernard Blier est parfait et voir -furtivement- les quais parisiens dans un film français des années 40 est intéressant mais in fine, l’inconsistance de l’argument dramatique n’est guère transcendée par la sempiternelle mollesse de Marc Allégret et les atermoiements de l’adolescente finissent par agacer plus qu’émouvoir.

Lac aux dames (Marc Allégret, 1934)

Le maître-nageur d’un lac de montagne est courtisé par différentes jeunes filles.

La peinture des sentiments a la fausseté des bluettes, la mise en scène manque de dynamisme et de fraîcheur, les effets poétiques sont désuets mais le charme insolite de Simone Simon, révélée par ce film, est, lui, toujours vivace.

The love of three queens (Edgar G. Ulmer et Marc Allégret, 1953)

Trois histoires de reines malheureuses en amour vues par une troupe de théâtre.

Le côté théâtral n’est là que pour lier trois sketches et n’est pas du tout exploité. The love of three queens est une production Hedy Lamarr qui vise donc à mettre en valeur Hedy Lamarr à une époque où la carrière de la star, presque quadragénaire, était sur le déclin. Elle n’est plus aussi resplendissante qu’à l’époque du Démon de la chair mais le Technicolor a le mérite de mettre en valeur le bleu de ses yeux. Le premier sketch, sur une reine injustement répudiée, est le meilleur. Si sa fin est convenue, le début est d’une pureté mizoguchienne. Le deuxième sketch sur Joséphine avec Gérard Oury en Napoléon est ridicule (Allégret en est probablement responsable) et le dernier, qui condense la guerre de Troie en une demi-heure, est désolant de platitude.

Entrée des artistes (Marc Allégret, 1938)

L’arrivée d’une nouvelle élève sème le trouble entre deux jeunes amoureux du Conservatoire.

Plutôt qu’un marivaudage, Entrée des artistes est un triangle amoureux. Sa relative originalité tient au fait que ses protagonistes, à force de se jouer la comédie, ne savent plus distinguer la vérité de leurs sentiments. Comme les personnages sont en perpétuelle représentation et rarement naturels, on peut même pour une fois tolérer les (mauvais) bons mots de Jeanson. Il est cependant dommage que le metteur en scène soit aussi peu investi dans ce qu’il filme. De ce fait, Entrée des artistes n’est guère plus que le déroulement de son script, un script calculé de bout en bout par des fabricants préoccupés par l’application de recettes parfois idiotes (voir l’intrigue policière finale complètement hors de propos) plus que par le traitement de leur sujet profond qui, d’après la tirade finale du professeur, aurait pu être l’analogie entre représentation théâtrale et comédie de la vie. Heureusement, Louis Jouvet, quoique finalement peu présent, est magnifique dans un rôle quasi-biographique et ses quelques scènes ont un cachet réaliste qui fait défaut au reste du film. Quant à la frêle Janine Darcey, elle est touchante. Bref, Entrée des artistes est un divertissement correct mais loin d’être un classique du cinéma français.