Lust to kill (Oliver Drake, 1958)

Note dédiée à james

Un braqueur dont le frère a été tué est capturé, s’évade et veut se venger de tous ceux qui lui ont fait du mal…

Un western de série B qui étonne par sa violence et son âpre désenchantement. Le personnage principal est un desperado d’abord rendu attachant par la bonne volonté avec laquelle il s’est rendu à un shérif respectueux puis par les injustices qu’il subit de la part de villageois inhumains qui vont jusqu’à lui refuser d’enterrer son frère. Ensuite, il sombre dans une rage meurtrière, tirant ses ennemis comme des lapins pendant qu’ils prennent leur bain. La première singularité de Lust to kill est de présenter l’ensemble de ce parcours avec un égal détachement, insufflant ainsi à la petite série B une modernité béhavioriste à la Friedkin.

Si le vétéran de la série Z derrière la caméra n’est guère en mesure de retranscrire l’éveil progressif des pulsions de haine chez son personnage, la violence est parfois mise en scène avec un raffinement sadique tout à fait exceptionnel (voir le tueur finissant noyé dans une porcherie). Le manque de moyens et de talent se fait sentir au niveau de certaines scènes d’action mais la tenue globale du film demeure honorable et l’efficacité narrative doit forcer l’admiration. La dureté du visage de Don Megowan ne l’empêche pas de suggérer une certaine tristesse et Jim Davis a l’envergure suffisante pour incarner un héros de série B.

En somme, une belle petite découverte.

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