Allonsanfan (Paolo Taviani et Vittorio Taviani, 1974)

En Italie en 1816, un révolutionnaire sort de prison. Il rejoint la demeure familiale et trahit ses anciens camarades avec qui il ne se sent plus en phase.

C’est donc une réflexion sur l’engagement révolutionnaire typique du cinéma d’auteur des années 70. Je ne parlerai pas du discours qui de toute façon n’intéresse plus personne aujourd’hui, je noterai que le film est un échec dramatique (et non un dramatique échec, attention à la nuance). En effet, la distanciation qui caractérise la mise en scène reste stérile. Commentaire verbal abondant, rêves en carton-pâte lourds de sens, musique baroque (par ailleurs superbe: il s’agit d’une des meilleures partitions d’Ennio Morricone), ellipses surprenantes et autres procédés contribuent à détruire tout rapport direct du spectateur à l’image. Ce qui est dommage pour un film qui confronte la lutte révolutionnaire à la famille et aux souvenirs d’enfance. Nous ne sommes pas chez Brecht où la distanciation dramatique sert à clarifier le jeu politique. Ici, elle apparaît vaine et nous fait regretter que le romanesque du sujet n’ait pas été assumé par les cinéastes.

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