Bob & Carol & Ted & Alice (Paul Mazursky, 1969)

Deux couples de riches trentenaires américains voient leurs repère moraux vaciller suite au week-end de l’un d’entre eux dans une communauté hippie.

Comme le synopsis l’indique, c’est un pur film de société donc c’est assez daté. Néanmoins, le sujet est bien traité car la distance de l’auteur est juste. Bob & Carol & Ted & Alice n’est ni apologie ni condamnation de la liberté sexuelle mais subtile observation de personnages qui y sont confrontés. Il est intéressant et parfois drôle de voir ces trentenaires un peu trop vieux pour être au centre de la révolution sexuelle s’essayer à l’adultère consenti avec tout ce qu’il faut de bonne volonté avant de finalement buter devant le caractère absurde de cet oxymore: « amour libre ». Ce n’est cependant pas très passionnant car on les voit plus parler de leurs sentiments que les vivre effectivement (ainsi toutes les aventures ont lieu hors-champ). Vous pourrez me rétorquer que c’est aussi le cas chez Eric Rohmer, cinéaste souvent encensé sur ce blog. Seulement chez Rohmer, il y une science de la narration, un goût du suspense et une intelligence quasi-diabolique de la mise en scène à peu près absents ici. Bref, Bob & Carol & Ted & Alice brille essentiellement par sa justesse. Justesse des comédiens, justesse du déroulement des situations. C’est déjà pas mal et ça suffit à en faire un bon film.

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