Le silence est d’or (René Clair, 1946)

Ce film est une application dénuée de la moindre inspiration de recettes qui étaient déja éculées en 1946. Le film ne dévie pas une seule seconde de ses rails. L’intrigue archi-prévisible est malheureusement menée sans le moindre sens du rythme. Il y a un ou deux plans (guère plus) à la virtuosité affichée visant à montrer que René Clair était bel et bien de retour après son exil américain mais la mise en scène anémiée ne génère jamais beauté ni enchantement. En dehors du grand Maurice Chevalier qui fait ce qu’il peut avec des répliques d’une consternante platitude, les acteurs sont à l’image de reste du film: leur jeu auquel eux-même ne semblent plus croire est dénué de la moindre vérité. Qu’on est loin de la fantaisie intemporelle des films d’un Lubitsch ou d’un Guitry (qui lui était loin de faire l’unanimité de la critique de son époque contrairement à René Clair…).