Comment tuer votre femme ? (Richard Quine, 1964)

Encore une comédie éminemment sympathique de Richard Quine. Encore une fois, le film est coloré, ludique (je songe notamment à une ouverture géniale que n’aurait pas reniée Guitry), délirant et très drôle. Jack Lemmon est encore une fois excellent dans ce rôle de dessinateur de BD qui tient absolument à vivre les aventures de ses héros pour que ses lecteurs lisent quelque chose de « réaliste ». Virna Lisi fait un peu potiche mais elle est sublime et c’est l’essentiel. Et encore une fois, une galerie de personnages secondaires très bien croqués même si très typés enrichit le film. Ici, l’humour est particulièrement noir, le film prenant l’allure d’un jubilatoire pamphlet misogyne d’une férocité assez inouïe avant de se terminer en happy end conventionnel qui sauve la morale au détriment d’une certaine cohérence de l’intrigue. En effet, s’il est évident que les auteurs se moquent autant des célibataires endurcis que du matriarcat, on peut légitimement se demander pourquoi l’épouse ne réapparaît pas plus tôt alors que la vie de son mari est quand même en danger. Je n’en dis pas dis plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte des futurs spectateurs mais cette fin est la seule ombre au tableau d’un film par ailleurs délicieux.

Ma soeur est du tonnerre (My sister Eileen, Richard Quine, 1955)

Quel plus grand plaisir pour le cinéphile pendant les fêtes que celui d’aller se régaler d’un classique de la comédie américaine dans un cinéma du quartier latin ?

bon, dit comme ça ça fait un peu élitiste comme vision du cinéma pourtant je vous assure que la salle était pleine et que le public -varié pour une fois- riait de bon coeur. Et c’est vrai qu’avec un tel film, il y a de quoi ! Ma soeur est du tonnerre est pensé du début à la fin comme un pur spectacle, la mise en scène assume pleinement ses artifices théâtraux (le charmant kitsch des décors notamment) ou musicaux et joue perpétuellement sur la complicité du spectateur. Alors oui, le film traite son histoire de façon un peu superficielle -peut-être qu’un Billy Wilder en aurait tiré quelque chose de plus profond- mais les gags basés sur de classiques quiproquos sont si bien agencés, la galerie de personnages secondaires si cocasse, les dialogues si piquants, les acteurs si à l’aise, et surtout Janet Leigh dont l’incroyable sex-appeal est le moteur de l’intrigue est si ravissante (surtout en mini-short) que Ma soeur est du tonnerre est un délice de chaque instant. Peut-être pourra t-on juste regretter certains numéros musicaux qui font pâle figure face à ceux des classiques de la comédie musicale et qui ralentissent l’histoire plutôt qu’ils ne la font avancer. Mais la franche loufoquerie qui gagne le film à la fin (comme dans Une vierge sur canapé du même Quine, la fin est un grand moment de n’importe quoi) finit par conquérir l’ensemble des spectateurs.