L’aventurier du Rio Grande (The wonderful country, Robert Parrish, 1959)

Après s’être cassé la jambe, un Américain engagé comme pistolero par un riche propriétaire mexicain songe à changer de vie…

Un des derniers grands westerns classiques et probablement le chef d’oeuvre de Robert Parrish. Thématiquement parlant, L’aventurier du Rio Grande se situe quelque part entre La cible humaine et Le jugement des flèches mais son originalité est évidente. Tout en se coltinant (aisément) les fusillades, tuniques bleues, généraux mexicains et autres guerriers Apaches propres au genre mais en se permettant des audaces tranquilles à l’intérieur de la narration (ainsi le long et beau segment consacré à la convalescence), les auteurs retracent la crise d’identité d’un héros fatigué idéalement interprété par Robert Mitchum. Le script synthétise habilement les problèmes sentimentaux, professionnels et communautaires du pistolero en un drame existentiel d’une ampleur alors exceptionnelle.

Les diverses manifestations de ce drame ne sont jamais appuyées mais souvent suggérées: le ton du film est aussi détaché que le jeu de sa vedette (qui produisit le film, fait assez rare concernant le désinvolte Mitchum pour être rappelé). Le rythme participe au charme particulier de l’oeuvre: le goût de la nonchalance n’y empêche pas de surprenantes ellipses. En bon cinéaste américain, Robert Parrish incarne physiquement et géographiquement les atermoiements de son personnage: ce sont notamment les multiples et décisifs franchissements du Rio Grande.

Ne serait-ce que pour le plan somptueux où Mitchum plonge dans le fleuve pendant la nuit tandis que le village mordoré de l’autre rive s’y reflète, le film vaut le coup d’oeil. La photographie de Floyd Crosby et Alix Phillips est de toutes façons splendide. La beauté drue des plateaux verdoyants n’a d’égale que l’audace discrète des plans quasi-monochromes qui ajoutent au sentiment de tristesse diffuse. Enfin, la fin de ce western mélancolique compte parmi les plus émouvantes du genre.

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La flamme pourpre (Robert Parrish, 1954)

En Birmanie pendant la seconde guerre mondiale, un aviateur anglais traumatisé par la mort de sa femme s’attache à une jeune Asiatique…

Le sujet est conventionnel mais le traitement est digne. Gregory Peck, tout en sobriété, dément encore une fois sa réputation d’acteur de deuxième ordre. Le Technicolor chaleureux et sensuel rappelle celui de Leon Shamroy. C’est un joli film qui n’a toutefois rien d’inoubliable.

L’implacable (Cry danger, Robert Parrish, 1951)

Sorti de prison, un homme injustement condamné tente d’extorquer de l’argent au caïd par qui il a été roulé.

Cry danger est un petit film noir indépendant tourné dans les rues de Los Angeles. Des dialogues piquants signés Williams Bowers, le charme de Rhonda Fleming, une formidable séquence de roulette russe et une fin étonnamment désenchantée le sauvent de la plus pure des banalités. Pas mal.

L’enfer des tropiques (Fire down Below, Robert Parrish, 1957)

Deux amis aventuriers se déchirent lorsqu’ils ont pour mission de transporter Rita Hayworth sur leur bateau. Le genre d’histoire convenue que Hawks a su sublimer. Mais pas Robert Parrish, réalisateur par ailleurs très estimable (voir ses westerns). Le film est bizarrement découpé en deux parties assez distinctes, s’étendant longuement sur le sauvetage d’un des deux héros coincé dans les débris d’un cargo explosé. Le tout manque de vigueur. Et la splendeur de Rita Hayworth, de retour sur les écrans après 4 ans d’absence, avait quelque chose de fané en 1957…