Fleur sans tâche (The wicked darling, Tod Browning, 1919)

Une jeune fille employée par un pickpocket tombe amoureuse de sa cible…

Le premier film de Tod Browning où Lon Chaney apparaît est tout à fait médiocre.

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Les révoltés (Outside the law, Tod Browning, 1920)

Une jeune fille travaille avec un jeune homme à dérober des bijoux pour le compte du bandit qui a injustement envoyé son père en prison.

Hyper-expressif, Lon Chaney vole la vedette à Priscilla Dean. Parfois, les obsessions perverses de Tod Browning se marient bien avec la convention moralisatrice de l’intrigue (super scène où l’héroïne vise l’enfant avec son pistolet). La fureur des séquences de violence impressionne. Malgré certains ressorts tartignoles, Les révoltés est donc plutôt un bon film.

La sorcière (The mystic, Tod Browning, 1925)

Un escroc utilise les talents d’un clan de forains pour duper de riches familles avec des numéros de medium.

Avec son jeu sur l’identification du spectateur lorsqu’il ménage le flou sur les motivations de son personnage principal, Tod Browning fait preuve d’un sens de la narration cinématographique qui préfigure Fritz Lang. Précise et tendue, la seule scène d’action est excellente. Quoique joliment filmée, la dernière séquence est de trop car elle diminue l’intégrité tragique de l’oeuvre. The mystic, à mi-chemin entre le mélo et le polar, n’en reste pas moins une des réussites de son auteur.

Les misérables (Riccardo Freda, 1948)

Tout le monde connaît l’histoire.

C’est inégal. A certains moments (la fuite du bagne, le regard de Fantine sur la place, la poupée de Cosette…), l’accord entre la dynamique caméra de Freda, le décor et les acteurs cristallise le sens de la scène avec une concision qui frôle la grâce. De plus, Hans Hinrich est un excellent Javert, faisant ressentir tout le drame du policier n’existant que par son devoir. Malheureusement, le budget restreint altère la qualité des séquences d’émeute de la dernière partie et, lorsqu’il s’agit d’incarner le monstre d’expérience et d’amour qu’est le vieux Valjean, Gino Cervi n’a pas le charisme nécessaire (contrairement par exemple à Harry Baur). D’où que, globalement, plus le film avance moins il passionne son spectateur; la fin mélodramatique insupporte carrément tant elle s’éternise alors que le récit souffre par ailleurs de gros raccourcis.

Les voleurs de la nuit (Samuel Fuller, 1984)

A Paris, un couple de chômeurs braque les employés de l’ANPE qui les humilient.

Les amusantes grimaces de Claude Chabrol et le thème de Ennio Morricone, qu’il réutilisera de façon magnifique pour La légende du pianiste sur l’océan, sont tout ce qu’il y a à retenir de ce très mauvais film que son absence totale de précision, que ce soit dans le scénario ou la mise en scène, fait régulièrement flirter avec le nanar. Parmi mille autres détails, la façon dont Fuller imagine le train de vie des employés de l’ANPE est particulièrement embarrassante.