Welcome to New-York (Abel Ferrara, 2014)

Le chef d’une grande institution internationale se fait inculper pour le viol d’une femme de chambre.

Cela commence comme un tableau grotesque des abus engendrés par la toute-puissance et ça se termine comme une réflexion catholique façon Bernanos où le double fictionnel de Strauss-Kahn s’avère la proie de Satan. Ce qui demeure le plus intéressant cinématographiquement parlant, c’est l’utilisation du corps de Depardieu, tantôt dominant (les longues orgies où il est un pur consommateur sexuel), tantôt dominé (les séquences de fouilles, non moins longues). Le sexe est filmé dans un parfait équilibre entre séduction et distance grâce au clair-obscur et aux grognements de Depardieu. Cependant, l’écriture pèche; les dialogues sont pauvres, tout ce qui a trait aux ambitions de la belle-famille n’est pas assez bien développé et les deux heures de projection ne sont finalement pas justifiés tant la matière narrative demeure faible. « DSK+Ferrara+Depardieu », cela demeure un coup plus qu’un film.

 

 

New-York deux heures du matin (Fear city, Abel Ferrara, 1984)

Les deux patrons d’une agence de strip-teaseuses enquêtent sur des agressions sadiques visant leur cheptel.

Polar s’inspirant clairement de M le maudit et de L’homme tranquille mais ruiné par la désinvolture de l’écriture et, dans une moindre mesure, par la médiocrité de l’interprétation. A part ça, le New-York nocturne est bien restitué.

The racket (Lewis Milestone, 1928)

Un policier intègre tente de lutter contre un caid qui a corrompu plein d’officiels.

Le pessimisme politique qui transfigure le manichéisme dramatique, la vivacité d’une narration qui fait varier le décor au rythme des coups de téléphone, le contrechamp humoristique introduit par les journalistes faisant le pied de grue au commissariat et, surtout, un découpage emblématique de la haute qualité expressive des dernières années du cinéma muet américain (notamment une séquence d’assassinat où le temps est aussi dilaté que dans un western de Sergio Leone) font de The racket une pépite du film policier intrinsèquement supérieure à des classiques plus célébrés tels Les nuits de Chicago ou Scarface.

Runaway train (Andreï Konchalovski, 1985)

Deux détenus s’évadent et montent sur un train sans conducteur lancé à toute vitesse.

Une certaine grandeur dostoïevskienne, probablement due au scénario initial signé Akira Kurosawa, subsiste dans certaines scènes de ce film dont l’action autour du train fou en Alaska est impressionnante mais qui pèche par manque de concision dans sa première partie et par superficialité conventionnelle de la caractérisation des personnages (le cabotinage de Jon Voight n’arrange rien).