Annette et la dame blonde (Jean Dréville, 1942)

Une jeune fille découpe le manteau en vison de la maîtresse de l’homme dont elle est amoureux.

Comédie écrite par Decoin pour Darrieux, Annette et la dame blonde fut finalement réalisé par Jean Dréville avec Louise Carletti. C’est médiocre, niais et occasionnellement caricatural (l’Américaine) mais consolons-nous: avec le tandem initial, cela n’aurait certainement pas été un chef d’oeuvre tant le scénario est prévisible et inconsistant.

Liberty Belle (Pascal Kané, 1983)

Au début des années 60 à Paris, un étudiant qui suit les cours d’un intellectuel de gauche se lie d’amitié avec un jeune militant pour l’Algérie française.

Même si faire de l’ami mac-mahonien un membre de l’OAS a des arrières-goûts revanchards de la part d’un ancien critique qui devait bien sentir que sa réponse écrite à Louis Skorecki (et, indirectement, à Michel Mourlet, dans les Cahiers du cinéma n°293) n’avait pas convaincu grand-monde, force est de constater que ce personnage, qui met son amitié au-dessus de ses convictions politiques et auquel Philippe Caroit prête ses traits marmoréens, est indéniablement plus noble que le héros, foncièrement veule. C’est d’ailleurs le seul protagoniste qui échappe un tant soit peu au programme balisé d’un film où abondent les caricatures jusqu’à un final carrément grotesque. Les violons de Delerue apportent un lyrisme parfois immérité et la distribution, rohmérienne en diable où on retrouve aussi Dominique Laffin et Jean-Pierre Kalfon, est sympathique mais Liberty Belle (nom du flipper) est à des années-lumières de la finesse et de la splendeur des Roseaux sauvages, oeuvre qui traite un thème voisin et justement plus célèbre.

Le temps du châtiment (The young savages, John Frankenheimer, 1960)

Un procureur est chargé par son chef d’envoyer à la chaise électrique le fils de son ancienne fiancée qui a poignardé un jeune aveugle avec deux copains.

Un film démonstratif (mais nuancé) et un peu lourdaud dans son esthétique post-wellesienne mais assez bien mené pour ne pas ennuyer.

 

Cocktail Molotov (Diane Kurys, 1980)

Trois jeunes ratent mai 68 parce qu’ils sont partis en Italie.

Suite de Diabolo menthe. La complaisance de la réalisatrice par rapport aux médiocres aspirations de personnages égoïstes ou stupides est effarante. C’est d’autant plus dommage que plusieurs sujets intéressants, notamment la différences de classes sociales entre amoureux et amis, sont effleurés mais escamotés par l’écriture paresseuse et démagogique. Le film se résume à une invertébrée succession de saynètes qui oscillent entre l’insignifiance (les velléités comiques autour du personnage de Cluzet) et la fausseté d’un vouloir-dire mal canalisé (la tirade du flic déprimé). Une belle scène à sauver: celle de la manifestation ratée.

La bande des quatre (Breaking away, Peter Yates, 1979)

Au sortir de l’adolescence, quatre amis s’opposent aux étudiants bourgeois du campus de leur ville…

Le manque d’unité dramatique, des personnages parfois caricaturaux, l’abus de poncifs tel que la musique d’opéra sur les séquences de course à vélo, la facilité du dénouement qui escamote la lutte des classes présentée auparavant et certains raccords inopportuns dénotent l’absence d’un véritable auteur aux commandes de ce film qui se laisse quand même regarder et qui emporte l’adhésion du spectateur grâce à la dernière course qui est d’une belle intensité.