Le temps du châtiment (The young savages, John Frankenheimer, 1960)

Un procureur est chargé par son chef d’envoyer à la chaise électrique le fils de son ancienne fiancée qui a poignardé un jeune aveugle avec deux copains.

Un film démonstratif (mais nuancé) et un peu lourdaud dans son esthétique post-wellesienne mais assez bien mené pour ne pas ennuyer.

 

Cocktail Molotov (Diane Kurys, 1980)

Trois jeunes ratent mai 68 parce qu’ils sont partis en Italie.

Suite de Diabolo menthe. La complaisance de la réalisatrice par rapport aux médiocres aspirations de personnages égoïstes ou stupides est effarante. C’est d’autant plus dommage que plusieurs sujets intéressants, notamment la différences de classes sociales entre amoureux et amis, sont effleurés mais escamotés par l’écriture paresseuse et démagogique. Le film se résume à une invertébrée succession de saynètes qui oscillent entre l’insignifiance (les velléités comiques autour du personnage de Cluzet) et la fausseté d’un vouloir-dire mal canalisé (la tirade du flic déprimé). Une belle scène à sauver: celle de la manifestation ratée.

La bande des quatre (Breaking away, Peter Yates, 1979)

Au sortir de l’adolescence, quatre amis s’opposent aux étudiants bourgeois du campus de leur ville…

Le manque d’unité dramatique, des personnages parfois caricaturaux, l’abus de poncifs tel que la musique d’opéra sur les séquences de course à vélo, la facilité du dénouement qui escamote la lutte des classes présentée auparavant et certains raccords inopportuns dénotent l’absence d’un véritable auteur aux commandes de ce film qui se laisse quand même regarder et qui emporte l’adhésion du spectateur grâce à la dernière course qui est d’une belle intensité.

Les grands (Félix Gandéra, 1936)

Dans un pensionnat de province pendant les vacances de Pâques, un cancre vole de l’argent au directeur pour faire accuser le premier de la classe qui est amoureux de la femme de ce dernier.

D’excellents comédiens, au premier rang desquels Charles Vanel, et de bons dialogues permettent de passer outre l’artificialité du prétexte et la faiblesse de ses développements. Via le personnage de Larquey et via un dernier plan que je pense métaphorique, une timide satire via-à-vis des notables de province sous la IIIème République relève gentiment la sauce. Ça se regarde mieux que la version muette de Fescourt.