Aux frontières de l’aube (Near dark, Kathryn Bigelow, 1987)

Un jeune Texan mordu par une belle vampire est forcé de rejoindre cette dernière et ses compagnons.

Les auteurs revivifient le film de vampires en l’intégrant, d’une façon poignante, à un contexte familial et texan. La longue et violente séquence dans le bar est une des plus dérangeantes que j’ai jamais vues; ce qui, loin d’être gratuit, rend sensible le risque de damnation du héros. Cette horreur est dialectisée par l’amour qui guide son père et sa soeur partis à sa recherche. Un amour simple et pur comme ceux des héros de western. Comme par ailleurs, les vampires sont parfois montrés avec compassion, le ton de l’oeuvre est singulièrement attachant, d’une douceur qui va au-delà du romantisme funèbre propre au genre. Les séquences d’action sont d’une belle intensité grâce au découpage déjà remarquable de Kathryn Bigelow: près des corps mais lisible. Quelques scories liées à la dramaturgie hollywoodienne (l’artificiel duel final) ou à son époque de production (les costumes sortis de Mad Max, la piteuse musique de Tangerine Dream) n’empêchent donc pas son premier long-métrage réalisé toute seule d’être une réussite.