La proie nue (Cornel Wilde, 1966)

Au XIXème siècle, un Blanc est utilisé par une tribu africaine comme proie d’une chasse à l’homme.

Un récit de survie assez radical puisque seule l’action compte (les dialogues des indigènes n’étant pas sous-titrés). Il y a de beaux moments de barbarie mais il faut reconnaître qu’à la longue, ce récit aussi primitif que ses personnages est un peu chiant d’autant que la thématique du « retour à la sauvagerie » est appuyée par de -nombreuses- séquences de documentaire animalier. Son pseudo-remake, Apocalypto, est plus abouti et plus intense.

L’Africain (Philippe de Broca, 1983)

Pour le compte du Club Med, une femme part au fin fond de l’Afrique avec l’intention de construire un hôtel. Là-bas, elle va retrouver son ancien mari.

Comédie d’aventures dans la grande tradition de Broca. La partie « aventures » est convenue mais la partie « comédie » est délicieuse. L’Africain n’est ni plus ni moins que la meilleure comédie de remariage française. J’ose d’autant plus l’affirmer qu’il n’est pas loin d’être seul dans sa catégorie. Que ce soit lors des échanges piquants du début ou au moment de la danse au milieu de la brousse – moment suspendu dans le temps typique de de Broca qui permet à l’auteur de donner une profondeur sentimentale à ses personnages typés et brinquebalés par l’intrigue- l’alchimie entre Catherine Deneuve et Philippe Noiret emporte le morceau. La vérité de leur couple est celle du film.

Avec un tel sujet, on aurait pu craindre le message tiers-mondiste ou lénifiant mais il n’en est rien. Philippe de Broca, qui a été pilote dans la brousse, a l’intelligence d’éviter tout pêchi-prêcha et reste focalisé sur son couple de héros sans occulter les contradictions qui font leur singularité. L’ensemble est enlevé et on retrouve, en filigrane, le regard tendre et amusé de de Broca sur les « intellectuels de gauche ». Un film éminemment sympathique.