La bête s’éveille (The sleeping tiger, Joseph Losey, 1954)

Un psychiatre installe un délinquant chez lui pour vérifier ses théories sur la réinsertion.

La réinsertion n’est qu’un prétexte pour montrer les relations malsaines qui peuvent se tisser lorsqu’un couple de bourgeois est fasciné par un hors-la-loi. Le canevas est donc similaire à celui des oeuvres de Losey des années 60, plus prestigieuses. La différence c’est qu’ici, le style est plus percutant. Le film dure moins de 90 minutes et a l’allure d’un thriller. La mise en scène appararaît d’abord épurée: le film est en noir et blanc, format 1:33, les décors sont réduits à l’essentiel. Mais au fur et à mesure que la tragédie se met en place, la stylisation est de plus en pregnante, les éclairages contrastés dramatisent la narration. Direct et sans fioriture, La bête s’éveille n’a pas la puissance d’évocation du Garçon aux cheveux verts ou l’intensité dramatique de Temps sans pitié mais c’est un des bons films de Joseph Losey.

Horn blows at midnight (Raoul Walsh, 1945)


Un trompettiste rêve qu’il est Athanael, l’ange envoyé par Saint Pierre pour souffler la trompette de l’Apocalypse. Deux anges déchus gagnés aux plaisirs terrestres vont tenter de l’en empêcher…
Comme son synopsis l’indique, Horn blows at midnight est un film assez idiot. Cependant la rigueur classique du style évite l’ennuyeuse auto-complaisance dans le délire. Dans l’ensemble, le film, aussi ahurissante que puisse être sa trame, est bien mené. Le rythme est soutenu tandis que l’inventivité de la mise en scène est stimulée par les gags burlesques. La réputation calamiteuse du film dont l’échec a signé l’arrêt de la carrière cinématographique de Jack Benny qui est un comique célèbre outre-atlantique, est donc largement exagérée. Alors que l’on aurait pu s’attendre à une curiosité dont l’intérêt se serait limité à l’argument de base, Horn blows at midnight est un film sympathique grâce à la facture Warner et au métier de Raoul Walsh en particulier.