La chanson de mon coeur (Frank Borzage, 1930)

Un ténor irlandais part faire carrière aux Etats-Unis et prend en charge les enfants de la femme qu’il aimait et qui a été abandonnée par son mari.

En plus de chansons qui rappellent le plus sublime passage de ce film sublime qu’est Gens de Dublin, ce véhicule pour le ténor John McCormack contient deux passages d’une belle poésie : la mort de Mary, tout juste suggérée par un plan d’une exquise délicatesse et une séquence aux frontières du surréalisme illustrant visuellement une chanson : à ma connaissance, Frank Borzage a ici inventé le vidéoclip.

Stella Dallas (Henry King, 1925)

En province, l’épouse d’un homme parti travailler à New-York subit, avec sa fille, l’ostracisme progressif de la communauté.

Cette phrase ne résume qu’imparfaitement un mélodrame romanesque particulièrement retors. C’est une narration subtile et dialectique qui prépare l’acmé dramatique finale. Maître de son moyen d’expression se refusant à l’outrance lacrymale, Henry King montre avec pudeur et sensibilité la futilité d’une femme, la honte d’une mère ou la tristesse d’une petite fille seule le jour de son anniversaire. Très beau film.