Le crime du Bouif (Henri Pouctal, 1922)

Un cadavre horriblement dépecé étant retrouvé sur un champ de course, un paresseux est arrêté.

Adaptation d’une pièce de Georges de la Fouchardière et André Mouezy-Eon, Le crime du Bouif bénéficie, en mineur, des qualités constatées dans le chef d’oeuvre de Henri Pouctal: Travail. Le spectateur y est baladé entre différentes strates sociales au gré d’un récit varié dans ses tons comme dans ses atmosphères. Grâce à un sens du décor réaliste hérité de Antoine, Pouctal insuffle vie et véridicité à une intrigue policière pas toujours claire dans ses tenants et aboutissants. Par exemple, j’avais rarement vu autant de publicités dans un film des années 20. Peut-être sont-ce des placements produits mais cela insuffle un fascinant parfum documentaire aux séquences de poursuites parisiennes, séquences par ailleurs habilement troussées. Le jeu des comédiens est parfois exagéré mais cela participe d’un comique qui enrichit le polar; voir les savoureuses scènes avec l’épouse consternée par son mari fainéant. A l’intérieur des séquences, des détails saillants intensifient la satire sous-jacente à l’intrigue (le juge d’instruction qui lit Comoedia au bureau). Bref, après le formidable Travail, Le crime du Bouif pourrait bien être le meilleur film de Pouctal et tend à vérifier l’hypothèse d’une « transfiguration antoinenne » du vétéran à la fin des années 10.

Tire-au-flanc (Jean Renoir, 1928)

Un jeune bourgeois et son domestique font leur service militaire…

Différence entre les classes sociales et universalité du désir sont filmées avec justesse et ironie dans un début et une fin typiquement renoiriennes. Le reste, à savoir une heure de comique troupier muet, est tout à fait ennuyeux.