Un Américain en vacances (Luigi Zampa, 1946)

Deux soldats américains en permission s’entichent d’une institutrice partie au Vatican demander de l’aide pour les réfugiés de son village.

Ce qui aurait pu n’être qu’une bluette inconsistante se dote, une fois le récit débarrassé du comparse de convention et du comique lourdaud qu’il amène, d’une profondeur inattendue. En effet, si le plaquage d’un vernis néo-réaliste sur le canevas à la On the town ne saurait suffire à rendre compte des catastrophes entraînées par les bombardements, l’intransigeance surprenante de l’héroïne et la pudeur de la mise en scène finissent par insuffler une poignante densité aux amours platoniques et éphémères du temps de guerre. Si vous avez l’occasion de voir Un Américain en vacances, restez jusqu’au bout, vous serez récompensés de votre persévérance.