Y a-t-il un Français dans la salle? (Jean-Pierre Mocky, 1982)

A la mort de l’oncle qui l’a élevé, un homme d’état tombe amoureux de la fille de sa femme de ménage et a affaire à des maîtres-chanteurs.

Jean-Pierre Mocky était un type marrant mais il faudrait voir à ne pas trop surestimer ses films. Sa mise en scène brouillonne n’insuffle aucune unité à un récit qui part dans tous les sens ni ne fait exister des personnages qui ont à voir avec le guignol, non avec l’humain. Pour certaines séquences délicates, le je-m’en-foutisme de Mocky confine à l’odieux; ainsi du viol présenté comme amusant, musiquette à l’appui. Se bornant à forcer les caricatures (à coups de grand angle notamment), le réalisateur ne se donne jamais la peine de faire croire à l’incroyable, à savoir l’amour entre ce politicien et cette adolescente. De plus, la formidable distribution n’est pas si formidable. En roue libre, ces acteurs n’ont pas le génie des vrais monstres sacrés. Jacqueline Maillan n’est pas Milly Mathis, Victor Lanoux n’est pas Jules Berry, Jean-François Stévenin n’est pas Saturnin Fabre.

Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre, 1987)

Pour y enquêter sur une série de meurtres, un inspecteur revient dans une station balnéaire où il a vécu.

L’intrigue policière est un peu incompréhensible mais les nombreux personnages de cette ville côtière assurent un certain tissu romanesque et les filles -Elisabeth Bourgine, Marie Trintignant, Gabrielle Lazure -sont jolies.

 

Les belles années (Cuore, Luigi Comencini, 1985)

1915: au moment de partir au front, des anciens camarades de classe se retrouvent.

Comme plusieurs films de Luigi Comencini, Cuore est un mini-feuilleton qui a été raccourci pour une exploitation en salles. C’est de la version télévisée que je vais parler ici. L’œuvre se présente comme une succession de flashbacks déclenchés par les retrouvailles d’un soldat italien avec d’autres appelés qu’il a connus sur les bancs de l’école. Ce sont des saynètes très justes, Comencini sachant mieux qu’aucun autre cinéaste faire ressentir la nostalgie de l’enfance sans sombrer dans la niaiserie. Au final, la guerre fait ressentir cruellement la perte du paradis perdu de l’enfance. C’est cette confrontation qui fait le sel de Cuore. Les films muets montrés à chaque épisode prennent trop de place et leur volonté édifiante est un peu trop signifiée. C’est le seul reproche que je peux faire à ce petit bijou de sensibilité qu’est Cuore.