Après après-demain (Gérard Frot-Coutaz, 1990)

A Belleville, un jeune homme tombe amoureux d’une couturière fantasque.

Le ton de Gérard Frot-Coutaz se retrouve dans la fantaisie discrète, la belle restitution du quartier de Belleville, la tendresse du regard et la présence de Micheline Presle et Claude Piéplu mais Anémone en tombeuse d’hommes n’est guère crédible, la mise en scène sans énergie et le scénario vraiment trop peu consistant, tant en terme de rebondissements que de caractérisation des personnages: le mixte Diagonale/comédie populaire (outre Anémone, il y a aussi Muriel Robin et Valérie Lemercier) ne convainc pas.

Certaines nouvelles (Jacques Davila, 1980)

Pendant la guerre d’Algérie, une famille de colons profite de l’été…

Il ne suffit pas de montrer des bonnes femmes en maillot de bain discuter de choses futiles pendant qu’à la radio on annonce des attentats horribles pour figurer l’insouciance d’une classe sociale qui danse sur un volcan. Malgré la toujours excellente Micheline Presle, le film est assez peu intéressant, vide d’enjeux narratifs et dramatiques et dénué de saveur particulière dans son appréhension des corps et des décors.

Pour 100 briques t’as plus rien (Edouard Molinaro, 1982)

Motivés par l’actualité, deux chômeurs braquent une banque.

C’est drôle, piquant, bien rythmé, les acteurs sont fort sympathiques et l’esprit anarchiste des séquences à la banque surprend agréablement avant que la fin n’enlève la réjouissante ambivalence qui les nimbait pour clairement faire pencher la balance vers une morale du genre « tout le monde est pourri, sachons en tirer parti ». C’est quand même pas mal du tout.

Je vais craquer (François Leterrier, 1980)

Un cadre père de famille retrouve un copain d’adolescence devenu acteur et vit une crise existentielle.

Adaptation d’une bande dessinée de Gérard Lauzier amusante mais superficielle du fait d’une mise en scène qui ne fait guère plus qu’illustrer le texte. Il en résulte que les personnages se réduisent à leurs caricatures (exemple: l’amoureuse foldingue jouée par Anémone). Les illusions hédonistes du petit-bourgeois sont joliment brocardées mais la portée de la satire s’étrique au fur et à mesure que le film se concentre sur l’itinéraire, attendu, du héros. Bref, Je vais craquer aurait pu être une grande comédie subversive, c’est simplement un plaisant divertissement. C’est déjà pas mal.