Larmes de joie (Mario Monicelli, 1960)

Un soir de nouvel an, deux acteurs ratés écument différentes fêtes et rencontrent un voleur.

La longueur et la mobilité des plans assurent un appréciable réalisme à une comédie reposant sur le duo de cabotins Magnani/Toto. Cette comédie est par ailleurs assez vaine et plus sinistre que drôle.

 

Bellissima (Luchino Visconti, 1951)

Une infirmière fait passer le casting du prochain film de Blasetti à sa fille.

Bellissima est un film de commande qui, sans rivaliser avec les magnifiques chefs d’oeuvre que réalisera plus tard Luchino Visconti, s’avère particulièrement attachant. Il appartient à la veine néo-réaliste de l’auteur mais la peinture sociale n’est pas misérabiliste comme elle l’était dans son précédent film, le très mauvais La terre tremble. L’héroïne habite les quartiers populaires mais ne meurt pas de faim. Elle a un métier (infirmière) qui la font vivre dignement elle et sa fille. Le ton oscille donc, avec cette facilité qui n’appartient qu’aux Italiens, entre le mélodrame et la comédie. Anna Magnani, torrent de vitalité, cabotine jusqu’à l’excès, incarnation parfaite de la mamma italienne, contribue largement à cette facilité. Elle fait aussi oublier les quelques facilités du scénario.

Ce sont des rêves plus que des ambitions qui guident son personnage et c’est en cela que le film est beau. Bellissima est le portrait d’une femme dévorée par le cinéma. La façon dont elle se déshabille le soir devant sa glace, sous-entendant clairement qu’elle aussi a tenté d’être actrice dans sa jeunesse, distille une triste nostalgie. L’amertume contenue tout au long du film explosera dans la séquence où elle se rend compte à ses dépends que le cinéma n’est pas la réalité mais son reflet perverti. Cette séquence est un déchirant sommet de cruauté. Cependant, les auteurs ne sauraient condamner sans appel leur propre art et leur critique est notamment nuancée par un hommage à la beauté des séquences de convoyage dans La rivière rouge. Ce qui achève de rendre leur film hautement recommandable.

Car sauvage est le vent (Wild id the wind, George Cukor, 1957)

Ce mélodrame est un ramassis de clichés qui se prend trop au sérieux pour être intéressant. Une séquence suffit à comprendre le pittoresque faisandé de ce film: celle où la Magnani chante une chanson italienne le soir sur la terrasse tandis qu’Anthony Quin essaie de nous faire croire qu’il joue de la guitare. Ajoutons à cela un symbolisme lourdingue, celui des chevaux sauvages, et une absence de rythme typique de Cukor et on comprendra que les ingrédients sont trop lourds pour que la sauce ne prenne.